Notre pays est connu pour un terrain de chasse facile pour les prédateurs venus d’outre-Atlantique.
L’affaire Alsthom où le Géant General Electric s’est emparé d’un de nos fleurons industriel en constitue un exemple emblématique. Selon les observateurs les plus lucides cette opération n’a été rendue possible que par « la combinaison toxique d’un système de corruption international, d’une pression judiciaire étrangère extrêmement puissante et d’intérêts privés (Affaire Alsthom).
Les turbines Alstom entretenaient l’intégralité des réacteurs de nos centrales nucléaires et la propulsion du porte-avions Charles de Gaulle. Autant dire que notre souveraineté énergétique et militaire fut bradée comme un surplus encombrant.
Mais passons : les Français étaient occupés à débattre de l’âge de la retraite.
Un autre exemple, encore plus stratégique : l’opération « Petit Bateau ».
Fondée en 1920, la marque de vêtements pour enfants est rachetée par le groupe américain Regent, basé à Beverly Hills, California — berceau bien connu de la layette troyenne et du coton peigné.
Quoi de plus stratégique que la grenouillère à bouton-pression ? La France sans Petit Bateau, c’est un bébé ans couche : nu et vulnérable face aux courants d’air de la mondialisation.
Cependant le pire semble devant nous :
Le géant des spiritueux Brown-Forman serait, si l’on croit « Investing » sur le point de racheter le fleuron de nos fleurons : Pernod Ricard. (Investing.com)
Brown-Forman a confirmé être engagé dans des discussions avec Pernod Ricard concernant un éventuel rapprochement, précisant évidemment que « les synergies opérationnelles seraient importantes » . Cette merveilleuse formule de la novlangue financière, signifie en bon français : « Nous allons fermer des usines pour relocaliser la production au Kentucky.».
Pire, il n’est pas inenvisageable que Brown-Forman fasse disparaître à terme notre boisson nationale pour nous fourguer à sa place son infâme « Jack Daniels », ce pseudo–whisky couleur de boue putride tout juste bon à arracher le gosier d’un redneck avachi devant la retransmission du Superbowl.
Car Brown Forman avoue dans son slogan que ce n’est pas un whisky, ni même un bourbon : «It’s not Scotch. It’s not Bourbon. It’s Jack.».
Citoyens, c’est trop! Notre pays a sorti la guillotine pour moins que ça.
Peut-on imaginer un seul instant ne plus maîtriser la production et la distribution du Ricard?
Ricard sans lequel notre pays ne serait pas ce qu’il est, ni autant peuplé.
En effet, les Anglais le qualifient de leg opener (dont la traduction la plus fidèle pourrait être « écarteur de jambes »), puisqu’outre-manche, les séducteurs auraient remarqué que les filles avaient tendance à se montrer compréhensives après avoir siroté quelques Ricard.
Au moment où la France connaît une crise de natalité sans précédent, n’est-ce pas un acte de guerre contre notre patrie?
Remontons à la genèse de ce breuvage emblématique.
Le Ricard n’est autre que le descendant de l’absinthe.
L’absinthe, la fée verte, s’est imposée au XIXe siècle comme le symbole de la Belle Époque. La « Fée Verte » était la muse des poètes : Verlaine, Rimbaud, Baudelaire y cherchaient l’inspiration.
Toulouse-Lautrec la peignait dans les cafés montmartrois.
Pernod Fils était devenu une marque tellement générique que son nom avait engendré ce brillantissime mot d’esprit : « Noé sauva nos pères, mais l’absinthe Perd nos Fils. »
Calembour déplorable, comme tout excellent calembour.
Hélas, surgit une surproduction de vin au début du XXe.
La vigne s’était mise à pisser dru après la replantation de porte-greffes américains (déjà eux!) suite à la terrible crise phylloxérique.
Le gouvernement a tremblé devant la colère naissante des vignerons.
Il s’est trouvé des « scientifiques » (déjà à l’époque) pour expliquer que l’absinthe constituait un danger capital pour nos populations puisqu’elle contenait de la thuyone, composé hautement toxique.
Ceci n’était qu’une vulgaire manipulation puisque même la très timide U.E. a à nouveau autorisé l’absinthe dont la commercialisation a redémarré en 2012.
Nous noterons au passage qu’il se trouve toujours d’éminents scientifiques pour valider les fables des gouvernements.
Dès lors, il y eut prohibition totale de la fée verte en 1915.
Cependant, les Français avaient pris goût à l’anis qui l’aromatisait ; l’anis ressurgit donc sous la forme du pastis. Le pastis est ainsi, historiquement et chimiquement, l’enfant légitime de l’absinthe. la Fée Verte s’est réincarnée en Fée Jaune, épurée de sa thuyone scandaleuse, blanchie dans l’eau fraîche comme un péché repenti.
C’est un jeune Marseillais de 22 ans qui opéra cette transmutation. Paul Ricard découvrit le pastis artisanal chez un vieux berger, prit la recette de cette « absinthe marseillaise ».
Il l’expérimenta dans son laboratoire, la commercialisa illégalement dans les bars de Marseille — écopant de quelques amendes — avant de fonder la société Ricard en 1932, avec ce slogan qui sonne comme une profession de foi méditerranéenne :
« Ricard, le vrai pastis de Marseille ! »
Le Ricard et le pastis ont aussitôt trouvé leurs ambassadeurs.
Plusieurs allusions à la marque Pernod sont visibles dans la célèbre trilogie de Marcel Pagnol : Marius, Fanny, César. Dès les années 1930, le pastis fait des apparitions récurrentes au cinéma dans les films de Pagnol dépeignant si poétiquement la vie provençale ; de Fernandel à Raimu, les figures du cinéma méridional ont souvent trinqué à cet apéritif anisé, contribuant à sa popularisation dans tout l’Hexagone.
Fernandel, en bon connaisseur, livra sur le sujet la maxime la plus précise de la philosophie française contemporaine : « Le pastis, c’est comme les seins : un, c’est pas assez et trois, c’est trop. » L’équilibre parfait.
La juste mesure. Le pastis juste.
Serge Gainsbourg préférait d’ailleurs commander un 102, soit un double Pastis 51, validant la théorie de Fernandel.
C’est cet enfant de la Provence et de l’absinthe que Brown-Forman voudrait aujourd’hui orpheliner.
Car il est une chose que nos amis américains ne peuvent saisir : le Ricard ne se consomme pas.
Il se pratique.
C’est un rite.
C’est une liturgie laïque aux observances aussi précises que celles d’une messe tridentine.
Le verre long, les cinq volumes d’eau fraîche, la couleur qui vire du topaze à l’opale par miracle. Les glaçons à côté et non dedans (des traditionnalistes ont envoyé au bucher des hérétiques ignorant ce détail pourtant capital).
Une forme de transsubstantiation.
Le tout accompagné d’olives, d’un jeu de pétanque parsemé de « Peuchère », « On va vous foutre Fanny », « Putaing! », « Con! » sous le soleil déclinant sur les platanes.
Le Ricard n’est pas un produit : c‘est une civilisation.
La France a déjà trop perdu.
L’affaire Alstom Power représente le rachat à vil prix par General Electric d’une entreprise stratégique française en charge notamment de produire et de maintenir les turbines pour centrales nucléaires. Les turbines de GE Steam Power équipent aujourd’hui la moitié des centrales nucléaires mondiales et la totalité des centrales nucléaires françaises.
Elle a perdu Petit Bateau.
Elle a perdu Carambar et ses décalcomanies
Elle a perdu LU
Elle a perdu Petit Navire.
Elle a perdu DIM, et avec DIM, une certaine idée de la Française.
Mais perdre le Ricard serait d’une autre nature.
Ce serait perdre non pas un simple actif industriel ou un souvenir de jeunesse, mais le geste même de l’apéritif français. La pause de 18 heures. Le moment où l’on cesse de travailler, un savoir-faire érigé en force de notre nation, pour exister pleinement, verre en main, face au soleil couchant.
Nous appelons donc le gouvernement (quel qu’il soit, au rythme où ils se succèdent ) à déclarer le Ricard bien immatériel du patrimoine stratégique de la Nation, au même titre que la baguette, le camembert et la grogne sociale permanente.
Rappelons que la France dispose du décret Montebourg, issu de la loi de 2014 sur la souveraineté économique. Celui-ci permet à l’État de bloquer les rachats étrangers dans les secteurs stratégiques.
On peut affirmer, non sans raison, que l’apéritif anisé est infiniment plus stratégique que bien des choses que nous avons laissé partir.
On peut aussi craindre le pire si cette opération scélérate aboutissait.
En effet, la guerre civile serait à nos portes car Marseille déclarerait sécession.
Et sans nul doute, toute la Provence rejoindrait les factieux.
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Macronar et la hyène détruisent tout. Notre France est vendue à la découpe. Avec ces deux pourris il ne restera rien. Aaahh si, des mosquées et des adeptes d’allah. Bel avenir pour nos enfants.