Guerre en Iran : loin du mensonge, regarder la réalité en face

Il n’est, dans le contexte français, pas facile de regarder en face la guerre en cours contre l’Iran.
La quasi-totalité des discours tenus dans les médias reposent sur le dérangement mental anti-Trump, qui affecte au moins 90 % des commentateurs et sur des penchants, légers ou prononcés, en faveur du régime des mollahs. Il est question d’ « enlisement » et d’ « échec », Trump est censé avoir « le dos au mur », n’avoir « pas de buts précis » et chercher à « sortir de l’impasse » dans laquelle il s’est enfermé. Je résumerai cela d’une formule : n’importe quoi !
Efficacité et précision
Les opérations militaires américaines et israéliennes ont été menées depuis le 28 févier, je le redis, avec une efficacité remarquable de précision. Je le redis aussi : l’Iran n’a plus de marine, plus d’armée de l’air, plus de radars, plus de moyens défense sol-air (ce qui permet à Israël et aux Etats-Unis d’utiliser sans risque l’espace aérien iranien). Des hélicoptères AH64-Apache ont été et sont utilisés pour pilonner les installations militaires iraniennes à proximité du détroit d’Ormuz, ce qui n’a pu être envisagé que parce que les hélicoptères ne couraient aucun risque. Il reste des fragments du Bassij et des Gardiens de la Révolution, mais ces fragments s’effritent, par combats internes et par des désertions dont on ignore l’ampleur. Quel enlisement ! Quel échec !
Il reste des tirs de missiles vers Israël et des tirs de drones vers les émirats, mais ils sont bien moindres qu’il y a trois semaines, et ils viennent d’unités autonomes qui, pour l’essentiel, n’obéissent pas à un commandement central. Le danger majeur pour Israël vient du Hezbollah, mais Israël en viendra à bout. Les fragments encore actifs du régime iranien et du Hezbollah réagissent comme des monstres fanatiques blessés qui tireront jusqu’au bout et préféreront la mort en martyrs de l’islam à la reddition.
Seconds et troisièmes couteaux
Le régime iranien est aujourd’hui aux mains de gens qui sont des seconds ou troisièmes couteaux et qui ont été des exécutants, pas des dirigeants. Aucun d’eux n’est en position d’autorité et ne peut s’imposer aux autres et obtenir obéissance. Le « guide suprême » est en carton. Il y a des civils, dont Mohammad-Bagher Ghalibaf et Abbas Araghchi, et ils crachent leurs invectives tels d’impuissants roquets. Ils ne sont pas menacés de mort par Israël et les Etats-Unis parce qu’ils n’ont aucun pouvoir, et il y a les Gardiens de la Révolution au sein desquels aucune personne encore haut placée (s’il en reste) ne s’exprime devant une caméra, car celui qui s’exprimerait serait vite éliminé par un drone (Alireza Tangsiri n’a pas même eu le temps de s’exprimer). Il y a l’armée, et elle n’agit pas du tout. Elle est peut-être en décomposition complète, parce qu’elle est constituée de civils et la population iranienne est à 85-90 pour cent hostile au régime.
The art of the deal
Trump n’est pas du tout le dos au mur, on l’a rarement vu aussi souriant et décontracté. Il pratique the art of the deal. Il a menacé les centrales électriques iraniennes pour faire peur aux derniers vestiges du régime et leur faire une offre que toute personne raisonnable ne pourrait pas refuser (mais les membres restant du régime ne sont pas raisonnables), et il leur a, après la menace, donné cinq jours pour répondre.
Reddition sans condition
Ce qu’il demande est une reddition sans condition. Il n’a fait que le répéter, car c’est ce qu’il demandait déjà avant la guerre. Les quinze points évoqués en ce moment n’ont fait l’objet d’une confirmation officielle, mais ils contiennent, s’ils sont officiels, les éléments d’une reddition sans condition. Les Gardiens de la Révolution parlent, par messages indirects, comme s’ils étaient en position de force : logique, puisque ce sont des fanatiques.
Les négociations et la rencontre au Pakistan ne sont que des rumeurs, et n’ont pas fait l’objet non plus de confirmation officielle, et il est inutile de commenter ce point dans ces conditions. Je pense qu’une rencontre n’aura pas lieu.
Ce qui doit être dit est que Trump ne peut pas accepter autre chose qu’une reddition totale : toute concession de Trump serait immédiatement perçue comme un échec américain. Et même si des Iraniens disaient accepter une reddition totale, ce qui me semble impossible, ce serait insuffisant. Ces gens ne cessent de mentir depuis 47 ans, et il est absolument impossible de leur faire confiance. On verra rapidement si un Iranien est prêt à venir signer une telle reddition et à jouer le rôle d’une Delcy Rodriguez iranienne. Je pense que ce ne sera pas le cas, non. Et même si Mohammad-Bagher Ghalibaf et Abbas Araghchi venaient à Islamabad en portant une minijupe et en s’étant fait raser la barbe, je douterais encore de leurs intentions.
Ce qui me parait bien plus vraisemblable est que Trump a voulu créer le trouble au sein de ce qui reste du régime où on se demande en ce moment qui est le traître qui a parlé aux États-Unis et s’il y a effectivement un traître.
Prix du baril
Ce qui me parait bien plus vraisemblable aussi est que Trump a voulu faire baisser le prix du baril et faire remonter l’indice Dow Jones. Le prix du pétrole n’allait pas remonter très haut : l’administration Trump a veillé à ce que le monde ne manque pas de pétrole, et a mis sur le marché le pétrole iranien en route vers la Chine et l’a revendu a d’autres pays, en veillant à ce que le paiement du pétrole n’aille pas au régime iranien, et la Russie a reçu l’autorisation de vendre son pétrole sur les marchés mondiaux grâce à une levée provisoire des sanctions américaines. Aucun choc pétrolier n’aura lieu. Aucun choc gazier non plus (le prix va monter néanmoins en Europe, car le gaz venu du Qatar va arriver en moindre quantité : les tirs venus d’Iran ont touché les installations gazières du Qatar, bien que celui-ci ait eu des liens amicaux avec l’Iran jusqu’à la guerre). Trump a tout prévu, et ceux qui crient à la catastrophe semblent oublier que sous Obama, pendant quarante mois, le prix du baril était supérieur à cent dollars. Sous Biden, pendant trois mois, le prix du baril était nettement supérieur à cent dollars. Comme Obama et Biden étaient Démocrates, il n’y avait aucun problème, je sais.
Détroit d’Ormuz, île de Kharg
Ce qui me parait très vraisemblable surtout est que Trump a voulu prendre le temps que la 82e division aéroportée et les US Marines appartenant à des troupes d’élites arrivent au Proche-Orient. Et si la reddition totale n’a pas lieu, il est extrêmement probable qu’une action sera menée, sans doute dans le détroit d’Ormuz. On parle aux Etats-Unis de la prise de trois petites iles situées dans le détroit, Abu Musa, Tunb as-Sughra et Tunb al-Kubra. Ces trois iles ont été utilisées par le régime iranien qui les a prises et les occupe alors qu’elles sont censées appartenir aux Émirats Arabes Unis. Ce serait une action décisive pour que les Etats-Unis prennent le contrôle du détroit d’Ormuz, qui ne restera plus très longtemps dangereux. Les Etats-Unis envisagent non seulement d’en reprendre le contrôle, mais d’en garder le contrôle une fois la sécurité pleinement rétablie. L’autre option serait la prise de contrôle de l’ile de Kharg, qui est déjà débarrassée de toute installation militaire iranienne, et si l’ile de Kharg est prise, envoyer des drones dans sa direction serait insensé de la part des tireurs iraniens : cela pourrait endommager les installations pétrolières de l’ile. Les tireurs iraniens sont insensés, je sais, et ils pourraient tirer quand même et détruire leurs propres installations pétrolières. Ils n’ont plus rien à perdre. La prise de l’ile de Kharg mettrait le régime iranien échec et mat. Je doute que Trump décidera de frapper les centrales électriques iraniennes : ce serait aussi la population iranienne qui en subirait les effets, mais s’il faut le faire pour abattre le régime ce sera fait. Il est strictement impensable que le régime survive. Et ce ne sont pas seulement l’administration Trump et Israël qui le disent, mais aussi les dirigeants des émirats du Golfe et l’Arabie Saoudite, et si on vous dit qu’émirats du Golfe et Arabie Saoudite veulent que la guerre s’arrête, on vous ment.
Quatre à cinq semaines, peut-être un peu plus
Trump et l’armée américaine avaient dit au départ que l’opérations prendrait quatre à cinq semaines, peut-être un peu plus. L’opération est dans sa quatrième semaine, mais cela fait déjà trois semaines qu’on dit en France que les États-Unis et Israël ont échoué.
Je suis presque surpris que les commentateurs français qui disent cela n’aient pas dit cela dès le 28 février. Ils détestent tant Trump ! Ils souhaitent tant qu’il échoue ! Ils sont tellement plus intelligents que lui et que tout l’état-major américain ! Ils disent même, en ricanant, qu’en regardant l’anéantissement de la marine et de l’armée de l’air iraniennes, la destruction de la quasi-totalité des missiles et drones iraniens et des lieux de fabrication iraniens de missiles et de drones, Trump pourrait prétendre avoir remporter une victoire : eux, ils sont d’une lucidité pénétrante, et ils voient que ce sont là des signes d’échec complet de Trump.
Il est trop tôt pour en dire davantage, mais Trump a remporté une victoire militaire, Israël aussi, sans déploiement de troupes au sol sur le territoire iranien (des opérations de commando sur des iles ne sont pas un déploiement de troupes au sol), et la synergie entre armées américaine et israélienne a été remarquable, oui. L’issue politique prendra forme ultérieurement.
 Liberté et dignité de l’être humain
Je souhaite, bien sûr, la chute du régime et la liberté pour le peuple iranien, et je pense que c’est ce que toute personne attachée à la liberté et à la dignité de l’être humain, et à la sécurité du monde, devrait souhaiter. C’est une guerre pour la liberté et la dignité de l’être humain.
Je pense que toute personne attachée à la liberté et à la dignité de l’être humain, et à la sécurité du monde, devrait faire l’éloge du courage et de la détermination de Donald Trump et Binyamin Netanyahou et soutenir moralement les armées américaine et israélienne.
Je pense que la chute du régime est proche.
Il restera à Israël à en finir totalement avec le Hezbollah. Je connais l’opiniâtreté et le courage du peuple d’Israël, pour lequel j’ai une immense affection. Je reviendrai en Israël, même si je vis à quatorze mille kilomètres d’Israël, et je reviendrai dans un Israël victorieux.
Recomposition du Proche-Orient et recomposition du monde
Ce qui est en route est une recomposition du Proche-Orient et une recomposition du monde que Trump veut depuis longtemps. Je traiterai plus amplement du sujet.
Quatorze Américains sont morts depuis le début de la guerre, quinze Israéliens sont morts. Chaque vie américaine et israélienne est précieuse et c’est beaucoup trop, mais c’est infiniment peu dans le cadre d’une guerre de cette ampleur. Les armées américaines et israéliennes respectent la vie de leurs membres et les Etats-Unis et Israël protègent la vie de leurs citoyens.
L’armée américaine et l’armée israélienne éliminent leurs ennemis, mais, autant que faire se peut, ne frappent pas les populations civiles. Le régime iranien et le Hezbollah visent les populations civiles. C’est ce qui distinguent des démocraties d’un régime totalitaire barbare et d’une organisation terroriste.
La distinction entre démocraties d’une part, et régime totalitaire barbare et organisation terroriste d’autre part est très absente des propos tenus dans les grands médias de gauche américains et dans les médias français.

 Guy Millière pour Dreuz.com.

Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

 322 total views,  322 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter