Ce que beaucoup de vos médecins ne vous disent pas quand ils mesurent votre pression artérielle et vous prescrivent des médicaments contre votre hypertension
Première partie
J’aime les articles de « A Midwestern Doctor from the side of Medicine ». Cet excellent clinicien qui connaît bien la pharmacologie remet habilement en question des positions, des hypothèses, des illogismes et des abus de la communauté médicale. Il a été un des premiers médecins à dénoncer l’imposture de Covid-19 puis le charlatanisme des vaxxins. Vu son importance pour tant d’hypertendus vrais et faux, je résume celui-ci: Understanding Blood Pressure in a Healthy Way. ou Comment comprendre sa pression artérielle de manière appropriée.
La moitié des adultes sont « déclarés hypertendus » et les erreurs de diagnostic sont fréquentes. La communauté médicale ignore toujours les causes de la très grande majorité des hypertensions artérielles, néglige le fait que les troubles circulatoires peuvent faire monter la pression artérielle et attribue habituellement les dommages des organes qui y sont associés ou en découlent à une hypertension, pathologique, plutôt qu’à un débit sanguin insuffisant vers nos organes.
Dès ma première année de formation en anesthésiologie, l’obsession pour la pression artérielle m’a surpris, surtout que les valeurs de pression artérielle d’un patient varient considérablement. On se focalisait sur la pression artérielle parce qu’elle était très facile à mesurer alors que, par exemple, la bonne circulation du sang dans les divers tissus du patient, est compliquée. En évaluant chaque jour des patients avant leur anesthésie, j’ai observé une tendance constante: chaque fois qu’un médicament existait pour traiter un chiffre, la limite acceptable ne cessait de se resserrer, rendant de plus en plus de patients candidats à sa prescription. Les anesthésiologistes qui m’encadraient ne le croyaient pas. Ils restaient à côté de leurs patients anesthésiés (hypertendus ou pas) et les observaient en continu, en cherchant à savoir si ils étaient bien perfusés; ils préféraient avoir un patient âgé qui leur paraissait bien perfusé, pas refroidi, avec une pression systolique à 160 mm de Hg, voir parfois même d’avantage.
Points de vue traditionnels sur la pression artérielle
Les vaisseaux sanguins sont des structures élastiques remplies de liquide, ce liquide, le sang, les maintient sous pression. La pression artérielle est mesurée en déterminant la force externe nécessaire pour dépasser la pression dans l’artère, en la comprimant avec le brassard de l’appareil de mesure de manière à ce que le sang ne puisse plus y circuler.
La médecine conventionnelle se concentre sur les conséquences de l’hypertension artérielle:
- Des vaisseaux sanguins affaiblis ou abîmés sont plus susceptibles de se rompre et de fuir lorsque la pression artérielle est élevée. Lors d’une crise hypertensive, le médecin cherche à baisser rapidement la pression artérielle. De même, lorsqu’un vaisseau sanguin critique se rompt, par exemple l’aorte ou une artère cérébrale.
- Une pression artérielle trop élevée persistante sollicite et endommage les artères, ce qui provoque une détérioration de la paroi des vaisseaux et entraîne progressivement l’apparition d’athérosclérose.
- Une pression artérielle trop élevée persistante endommage les organes internes. On parle de lésions des organes cibles, conduisant à une défaillance prématurée et à un décès précoce, par exemple, suite à une crise cardiaque ou à une insuffisance rénale, situations qui résultent également d’une insuffisance chronique de l’irrigation sanguine.
Le milieu médical considère l’hypertension artérielle comme l’une des principales causes évitables de maladies cardiovasculaires, par conséquent toute consultation médicale s’assure de la pression artérielle du patient. Malheureusement, ce raisonnement comporte de nombreuses déficiences.
Variations de la pression artérielle
La mesure de la pression artérielle, la dite TA (tension artérielle) est très variable, en particulier au bras, où elle est mesurée. Cette variabilité peut conduire à des diagnostics erronés d’hypertension et à la prescription de médicaments inutiles, susceptibles de faire baisser la pression artérielle de manière excessive. Une autre forme courante de ce diagnostic erroné est connue sous le nom d’hypertension de la blouse blanche, cela touche 15 à 30 % des patients « diagnostiqués » comme hypertendus. Les recommandations préconisent de confirmer le diagnostic d’hypertension par plusieurs mesures, y incluant la surveillance à domicile.
Des erreurs de mesure, telles que l’utilisation d’un brassard de taille inadaptée, d’un manomètre électronique qui donne de fausses mesures, de ne pas tenir compte des différences de pression artérielle entre les deux bras, contribuent au problème. On estime que 25 % des diagnostics d’hypertension sont erronés. La pression artérielle centrale, laquelle est plus étroitement liée aux maladies cardiovasculaires, peut différer considérablement des mesures prises au niveau du bras. Les différents médicaments contre l’hypertension agissent également différemment sur la pression artérielle centrale et périphérique, ce qui ajoute à la complexité de l’évaluation et du traitement. Pour toutes ses raisons, lors de prise en charge de patients à risque les médecins anesthésistes mesurent en continu aussi la pression intra-artérielle moyenne en introduisant un cathéter dans une artère.
Quels sont les facteurs qui influencent la pression artérielle ?
Lorsqu’un fluide soumis à une pression donnée cherche à circuler dans un tube, si le tube se rétrécit, la pression que ce fluide exerce augmente, par exemple sur les parois du tube; à l’inverse, si le tube s’élargit, la pression que le liquide exerce diminue. Notre corps contrôle en permanence la circulation sanguine en modifiant la fréquence cardiaque et en resserrant totalement ou partiellement les artères (vasoconstriction), ce qui lui permet d’acheminer le sang là où il est le plus nécessaire, en dilatant les artères de cette partie du corps (vasodilatation). La pression artérielle est donc le résultat de ces deux facteurs: le volume de sang propulsé par le coeur dans les artères et le degré de vasoconstriction ou de vasodilatation des artères.
Comme chaque contraction du coeur propulse le sang dans les artères et augmente ainsi la pression à l’intérieur de celles-ci, il existe deux valeurs de pression artérielle : la pression minimale dite pression diastolique) et la pression maximale lorsque le cœur se contracte dite pression systolique. Les valeurs de pression artérielle par exemple, 160/100 représentent respectivement ces valeurs maximale et minimale.
Quelles sont les causes de l’hypertension artérielle ?
90 à 95 % des cas d’hypertension artérielle relèvent de ce que l’on appelle hypertension essentielle, une façon imagée de dire élévation de la pression artérielle sans cause connue. Les facteurs de risque de cette pathologie sont génétiques (antécédents familiaux, race noire), le mode de vie (consommation excessive de sel, sédentarité, consommation d’alcool, tabagisme), métaboliques (surpoids/obésité), vieillissement (inflammaging et perte d’élasticité des artères). La plupart du temps l’hypertension est un pathologie silencieuse.
Pour les 5 à 10 % restants, appelés hypertension artérielle secondaire, les causes reconnues comprennent une diminution du flux sanguin vers les reins ce qui déclenche un signal d’augmentation de la pression artérielle car les reins estiment que la perfusion sanguine est insuffisante, l’apnée du sommeil et la présence d’une tumeur endocrine rare, le phéochromocytome, qui libère une hormone augmentant la pression artérielle. Comme la cause de la très grande majorité des cas d’hypertension artérielle n’est pas clairement établie, la médecine qui reste un art se concentre simplement sur les facteurs de risque. On peut rajouter à ces facteurs de risque l’anxiété pour laquelle il y a de meilleurs choix qu’un ou une association d’antihypertenseurs!
Athérosclérose et pression artérielle
Bon nombre de mes confrères remettent en question le modèle traditionnel de la pression artérielle après avoir observé que les troubles circulatoires coexistaient souvent ou précédaient une élévation de la pressionartérielle chez leur patient, plutôt que d’être le résultat de lésions à long terme. L’hypertension pourrait donc être une réponse compensatoire à un flux sanguin insuffisant, de la même manière que les reins font augmenter la pression artérielle lorsqu’ils ne reçoivent pas assez de sang.
Je me suis posé, une fois de plus, cette même question en lisant les résultats de l’étude de la consommation de jus de grenade sur les sténoses carotidiennes: quelle est la corrélation entre d’une part la diminution de l’épaississement de l’intima média des artères carotides donc l’augmentation du diamètre interne et de l’élasticité de nos deux artères carotides et d’autre part la diminution de 12 % de la pression artérielle chez ces patients? Leur coeur a-il choisi de pomper moins fort parce que la résistance a diminué et que par conséquent leur hypertension, avant de commencer à boire ce jus, avait aussi comme objectif de vaincre la résistance due à l’athérosclérose, ce qui est tout bénéfice pour la perfusion des tissus et des organes? Les médecins de cette étude ont donc bien fait de ne pas changer le traitement de ces patients et de leur administrer des antihypertenseurs pour que leur pression soit abaissée à 120/80, selon les dernières normes modernes de médecins adeptes de la Via positiva, ce qui aurait eu comme conséquence que ces patients étudiés soient moins bien perfusés.
Plusieurs facteurs viennent étayer cette hypothèse :
- Rigidité artérielle: les artères calcifiées ne peuvent plus se relâcher/se dilater aussi efficacement.
- Imprécision des mesures: les brassards de tensiomètre peuvent surestimer la pression dans les artères rigidifiées, en particulier chez les personnes souffrant d’athérosclérose sévère, ce qui se traduit par des valeurs plus élevées que la pression réelle, parce que les artères durcies nécessitent une pression plus forte pour être comprimées par le brassard. Dans cette situation faire baisser la pression artérielle n’améliore pas la perfusion sanguine des tissus et des organes.
- Dysfonctionnement endothélial: la paroi des artères libère de l’oxyde nitrique pour dilater les artères et diminuer la pression. Lorsque cette fonction fait défaut, cela précède l’athérosclérose et augmente la pression artérielle, ce qui suggère que le problème réside dans la santé endothéliale, et non dans l’hypertension artérielle elle-mê
- Réflexe sympathique: lorsque le corps perd rapidement beaucoup de sang, un réflexe de notre système sympathique déclenche une accélération du rythme cardiaque et une vasoconstriction des vaisseaux afin d’augmenter la pression artérielle, pour augmenter la perfusion d’organes et de tissus par exemple lors de fortes pertes sanguines.
Tout cela laisse penser que l’hypertension artérielle pourrait être davantage un symptôme qu’une cause profonde des troubles circulatoires.
Ce que beaucoup de vos médecins ne vous disent pas quand ils mesurent votre pression artérielle et vous prescrivent des médicaments contre votre hypertension
Dominique Schwander
Demain, la seconde partie
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Moi, c’est Macron qui fait monter ma tension.