Léaument sur la Nouvelle Calédonie : une rhétorique simpliste au service de la décolonisation

Le 25 mars 2026, lors d’une séance de la commission des lois à l’Assemblée nationale, le député LFI de l’Essonne Antoine Léaument a tenu une intervention virale pour « expliquer la colonisation avec des mots simples » à un collègue qui, selon lui, confondait le Tarn et la Kanaky-Nouvelle-Calédonie.
Le propos, filmé et largement relayé sur les réseaux, repose sur une analogie démographique et électorale devenue le cœur du débat :
 Imaginez dans le Tarn il y avait 10 habitants et qu’il y en avait 5 qui arrivaient de l’extérieur avec des armes, et ils imposaient leurs lois par la force. Ces cinq-là font tellement d’enfants qu’ils finissent par être plus nombreux que les enfants de ceux déjà dans le Tarn. Ils sont arrivés par la force, ils ont fait des enfants, les voilà plus nombreux que les habitants initiaux du Tarn et ils disent “on va voter”, ils gagnent ! Eh bien vous voyez… C’est la colonisation, la Nouvelle-Calédonie. Et c’est différent de l’immigration. »
Léaument poursuit en accusant son interlocuteur de tenir sur la Kanaky des arguments exactement inverses de ceux qu’il défend sur l’immigration, et conclut : Il y a une différence entre immigration et colonisation. À moins que vous soyez complètement arrivé sur le terre du Rassemblement National et que vous considériez que toute immigration est une colonisation. Vous oubliez le mot colonisation, vous oubliez le fait colonial, la notion de domination qui n’existe pas lorsqu’on parle d’immigration. 
Contexte et stratégie rhétorique
Ce discours s’inscrit dans la ligne historique de La France insoumise et des accords de Nouméa (1998) : la France y reconnaît officiellement une situation coloniale en Nouvelle-Calédonie et s’engage dans un processus de décolonisation. Léaument défend le point de vue kanak (FLNKS) : l’ existence de  deux peuples (Kanaks et Caldoches/ Calédoniens d’origine européenne ), nécessité d’un corps électoral restreint pour préserver le « peuple premier » , et rejet de toute « réforme unilatérale » par Paris (comme la modification du corps électoral en 2024 qui a déclenché les émeutes.
La rhétorique est typiquement insoumise : pédagogique, presque enfantine (avec des mots simples), destinée à frapper l’opinion et à disqualifier l’adversaire (vous n’arrivez pas à comprendre ). Elle essentialise la colonisation comme un processus de domination violente + remplacement démographique + prise de pouvoir électoral. Léaument assume pleinement l’analogie du  « grand remplacement « … mais uniquement quand il s’agit de colons français face aux Kanaks !
La contradiction mise en lumière
Le malaise vient précisément de cette distinction que Léaument veut absolue : « ’c’est différent de l’immigration » . Pour lui, l’immigration n’implique ni domination , ni fait colonial . Or l’analogie qu’il déploie colle mot pour mot à ce que décrivent, depuis des années, les observateurs critiques de l’immigration extra-européenne en métropole :
Arrivée massive (pas toujours « par la force » armée, mais souvent via des flux incontrôlés et des naturalisations) ;
Natalité différentielle bien supérieure ;
Basculement démographique dans certains territoires ;
Vote communautaire qui fait basculer des mairies (comme La Courneuve, Vaulx-en-Velin, Saint-Denis récemment).
C’est exactement le parallèle qu’ont immédiatement saisi des centaines de commentaires sur X : « Il vient de décrire Roubaix, le 93, Saint-Denis… » Le député LFI décrit involontairement (ou cyniquement) le mécanisme qu’il dénonce ailleurs comme  « du racisme »  ou « la théorie du grand remplacement  » quand il s’agit de la France métropolitaine.
Enjeux politiques plus larges
– Pour LFI: ce discours renforce sa posture décoloniale cohérente. Le parti applique la même grille partout : Kanaky = colonie à décoloniser ; banlieues = territoires à « réparer »  par la redistribution et l’antiracisme. La démographie y est vue comme une arme de justice quand elle profite aux « dominés , un danger quand elle profite aux « dominants » .
– Pour ses détracteurs: c’est l’aveu inconscient que le modèle migratoire actuel produit, en métropole, les mêmes effets que la colonisation historique en Kanaky. Avec cette différence cruciale : en Nouvelle-Calédonie, les Kanaks étaient là avant ; en Seine-Saint-Denis ou à Vaulx-en-Velin, les populations de souche  l’étaient aussi.
– Conséquence électorale: en insistant sur le fait colonial  et les deux peuples , Léaument légitime implicitement les revendications identitaires. Mais il refuse d’appliquer la même logique à la France hexagonale, où la question du vivre-ensemble  et du grand remplacement  est devenue taboue à gauche.
En résumé, le discours de Léaument est un exemple de rhétorique militante : claire, percutante, et terriblement révélatrice. Il démontre avec des mots d’enfant ce que beaucoup refusent de nommer en métropole. La colonisation, selon sa propre définition, ne serait donc plus seulement une affaire d’outre-mer… mais il s’empresse de dire « ce n’est pas pareil ».
La question reste posée : si le mécanisme est le même, pourquoi la grille de lecture change-t-elle selon que l’on est à Nouméa ou à Saint-Denis ? La réponse, hélas, tient plus de l’idéologie que de la réalité démographique et électorale…  Bref, Léaument a démontré le contraire de ce qu’il dit chaque jour depuis des années., pris à son propre piège d’une « rhétorique » d’apprenti bonimenteur.
Christine Tasin 

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1 Commentaire

  1. Il vient de démontrer de manière imparable que son cerveau lui-même est déjà colonisé par une idéologie totalement absurde et mortifère. Ses neurones sains et peu nombreux ont pris le dessous. L’invasion cérébrale islamiste totale est en route.