L’intercommunalité… souvent perçue comme un outil utile sur le papier, génère de plus en plus de frustrations chez les élus locaux et dans le peuple qui a également de plus de plus en plus un sentiment de dépossession, d’éloignement du décideur, de bureaucratie lourde…
Alors je me demande si, au lieu de multiplier les grosses structures, les fusions de communes à la mode… on ne pourrait pas, au contraire, revenir à des structures à taille humaine gérées de façon plus humaine...
L’intercommunalité est sans cesse renforcée depuis les années 1990, puis généralisée par la loi NOTRe de 2015. L’objectif était clair : mutualiser les moyens pour gérer des compétences comme l’eau, les déchets, le développement économique, les transports, là où une petite commune seule n’y arrive plus. En théorie, cela permettait des économies d’échelle, une meilleure coordination face à des problèmes qui dépassent les limites communales (étalement urbain, mobilité, attractivité économique)…
Sauf que de nombreux maires tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme : sentiment de dépossession (surtout dans les petites communes diluées dans de grandes structures), perte de proximité, lourdeurs administratives, et parfois le sentiment (sans doute pas qu’un sentiment !!) que l’argent public part dans des projets pharaoniques (grandes infrastructures, salles des fêtes démesurées) pendant que les services de base (médecins, hôpitaux de proximité, sécurité) sont à l’abandon.
Rapports du Sénat et associations d’élus le soulignent régulièrement : les petites communes se sentent écrasées par les grandes villes au sein des conseils communautaires, où le poids démographique donne un pouvoir disproportionné aux centres urbains. Le « troisième tour » des élections municipales, les intercommunalités reste mal compris, mal visible, et peu politisé… trop loin du contribuable.
Résultat ; le citoyen se sent de plus en plus éloigné de la prise de décision faite par des anonymes, c’est tellement différent dans les petits villages où l’on peut discuter avec le Maire, l’interpeller... Et cela s’accompagne d’un étalement urbain qui s’accélère, de déplacements quotidiens qui bouffent la vie… et le porte-monnaie. Tout cela accompagné par l’explosion de l’insécurité, sans parler par exemple des pédophiles engagés pendant des lustres à Paris pour travailler dans les écoles…
Je ne propose pas de revenir au début du XXème siècle mais un juste milieu… la maxime greco-romaine par excellence :le refus de l' »ubris » (la démesure ) l’idéal de l’Honnête homme au XVIIème siècle… la juste mesure, tout un art de vivre !
Faut-il pour autant désespérer des intercommunalités et tout renverser en multipliant les petites communes autonomes ? Pas forcément mais il faudrait revenir à un juste milieu en rompant avec les grosses structures ingérables qui coûtent très cher.
Les atouts des petites communes: proximité, réactivité, lien social fort ( tout le monde se connaît ), capacité à rassurer et à mobiliser localement pour le logement, l’emploi, la vie associative. Un maire de petite commune peut souvent agir plus vite et plus humainement sur ces sujets que des structures tentaculaires.
Certes il y a forcément des limites au retour en arrière : la France compte encore environ 35 000 communes, un record mondial. Beaucoup de très petites entités peinent déjà à boucler leurs budgets, à embaucher des compétences techniques, ou à répondre aux normes nationales (transition écologique, accessibilité, etc.). Sans intercommunalité, les communes riches s’en sortiraient, les autres sombreraient… Des compétences comme l’assainissement ou les déchets, par exemple ne sont plus gérables seul à présent qu’ils ont multiplié les normes, les interdits… et donc les coûts ! Question de Béotienne : n’est-ce pas fait exprès quelque part pour qu’on ne puisse plus revenir en arrière ?
Quel parti, quels politiques proposeront des solutions pour revenir à un monde plus humain sans pour autant retourner à la préhistoire ?
J’aurais bien quelques pistes à proposer :
– Renforcer le rôle et la voix des petites communes dans les intercommunalités (poids plus équitable, droit de veto sur certains sujets locaux, conventions claires communes-interco).
– Recentrer l’interco sur ses compétences stratégiques (mutualisation réelle, sans empiéter sur le quotidien communal).
– Encourager des fusions volontaires quand elles font sens (communes nouvelles), mais sans forcer, et en préservant une identité locale forte.
– Redonner du pouvoir aux maires sur des sujets essentiels (sécurité, santé de proximité, urbanisme local) pour recréer du lien et du sens…
Je ne sais si elles sont possibles mais il me semble que là où on en est c’est dans ce sens que nos édiles devraient travailler…
Jeanne La Pucelle
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