A Toulouse, les sifflets contre Piquemal, un tournant ou un non événement ?

À trois jours seulement du second tour des municipales à Toulouse  la campagne a pris un tour particulièrement tendu.
Jeudi 19 mars, lors de la cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de mars 2012 commis par Mohammed Merah (dont quatre enfants juifs tués à l’école Ozar Hatorah), le candidat de l’union de la gauche François Piquemal (LFI) a été copieusement hué et sifflé par une partie de l’assistance. Des cris comme Dehors LFI ! , Antijuif ! , Honte à vous, le parti de l’islamisme !  ou  LFI antisémite  ont fusé alors qu’il s’avançait pour déposer une gerbe, aux côtés du maire sortant Jean-Luc Moudenc (applaudi lui chaleureusement), des représentants de l’État et d’autres élus.
Piquemal a dénoncé des menaces d’une extrême gravité  et une faute politique majeure, qualifiant la scène de honte pour Toulouse. Son colistier François Briançon (ex-PS) a été exfiltré sous les insultes, et la cérémonie – censée être un moment de recueillement – a été largement perturbée par la campagne électorale. Des vidéos circulent massivement sur les réseaux, amplifiant l’incident.
Quelles conclusions, quelles leçons tirer de cette scène ? 
On pourrait à bon droit  penser que cela cristallise un rejet profond de LFI accusée par une partie de l’opinion (et par la droite) de positions ambiguës sur l’antisémitisme, le conflit israélo-palestinien et l’islamisme. Les attentats Merah restent un traumatisme vif à Toulouse (ville avec une importante communauté juive), et l’association LFI-complaisance-   ou – relativisme- face à l’islamisme radical est un reproche récurrent. La scène de jeudi renforce le narratif de Moudenc : Voter Piquemal, c’est voter Mélenchon par procuration…
Evidemment pour Piquemal et ses soutiens, il s’agirait d’une instrumentalisation politicienne d’un hommage solennel. LFI condamne (ce qu’on a vu avec Gaza donne envie d’écrire LFI prétend condamner l’antisémitisme et le terrorisme.   Piquemal a d’ailleurs publié une tribune sur le sujet récemment. Les huées viendraient d’une minorité militante d’extrême droite, pas d’un rejet massif des Toulousains.
Et la gauche d’essayer de surfer sur la vague : on nous empêche de rendre hommage…
Quel impact pour le vote de dimanche ? 
Le sondage Ifop-Fiducial du 17 au 19 mars   donne un duel ultra-serré :
– Jean-Luc Moudenc : 51 %
– François Piquemal : 49 %
La marge d’erreur est minuscule, tout est possible… ça dépend de quelques centaines de voix  (250 000 inscrits à Toulouse)
L’affaire des sifflets aura-t-elle une incidence ? Le sondage est sorti juste avant. 
Certes, Piquemal sifflé, ça renforce les indécis, les centristes, la gauche modérée, le PS, ceux qui craignent le chaos ou tout simplement une municipalité LFI et qui hésitaient encore à voter pour Moudenc. Et cela donne des arguments à la droite pour mobiliser son électorat.
Inversement ça peut renforcer par réaction la mobilisation des écolos et socialos…
L’agressivité augmente, les insultes volent, ce qui entraîne en principe une forte mobilisation. 
Souvent c’est le sortant, connu donc rassurant  qui bénéficie de la mobilisation. 
Evidemment cet incident n’est pas anodin dans une ville traumatisée par Merah et où l’antisémitisme reste un sujet ultra-sensible. Réponse dimanche soir…

 7 total views,  7 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter