Dictature islamique d’Iran : il faut en finir une bonne fois pour toutes

J’ai connu l’Iran au temps du shah in shah. J’ai gardé un bon souvenir de gens discrets et affables, ouverts au progrès, pratiquant un islam de façade assez superficiel, du moins dans les villes. Comme beaucoup de Français fêtent Noël en famille sans souscrire aux bondieuseries de rigueur.

Le peuple iranien ne mérite pas ce qu’il lui arrive mais il n’y a pas d’alternative.

Après avoir subi pendant 47 ans une des pires dictatures qui soit, à peine un peu moins pire qu’au Cambodge ou en Corée du Nord, il se retrouve pris entre l’enclume islamique et le marteau américain qui frappe fort. C’est épouvantable. Mais il n’y a pas d’autre solution pour les libérer. Et écarter la menace que les religieux fanatiques font peser sur les nations occidentales, en armant et soutenant des terroristes depuis leur arrivée au pouvoir.

J’ai connu aussi l’Afghanistan au temps du roi Zahir Shah. Francophone et francophile. Un monarque éclairé comme Pahlavi, mal vus tous les deux en Occident alors qu’ils avaient instauré l’égalité des sexes, promu un code civil détaché du patriarcat, rogné les griffes et les crocs des mollahs et invité les femmes à jeter aux orties les tchadors et les burqas. Rien n’était parfait. Tout ne pouvait se faire en un seul jour. Mais l’impulsion était donnée.

Chacun d’eux était civilisé, occidentalisé, et voulait entraîner son pays dans la voie du progrès. Bien conscients qu’il ne peut y avoir un développement durable dans l’ignorance et les superstitions.

Savez-vous que dans les années 1970, les élites locales parlaient un français plus châtié que certains de nos compatriotes, nourrissaient leurs esprits de littérature et de poésie française, et pour ne pas avoir à envoyer leurs enfants étudier à l’étranger, les coupant de leurs racines, entretenaient sur place des lycées et universités français ? À leurs frais.

Le futur commandant de la Résistance aux Soviets puis à Al Qaïda, Ahmed Shah Massoud, dit le lion du Panshir, y avait entrepris des études d’ingénieur avant que la guerre civile change sa vie.

1979 fut une année terrible pour ces deux pays. L’Iran fut abandonné par l’Occident inconscient, stupide et pervers qui protégeait les assassins islamistes, et ce pays sombra complètement. De l’autre côté de la frontière, les soviétiques venus à Kaboul régler une querelle dynastique parvinrent à un résultat semblable par d’autres moyens en jouant autant sur des rivalités tribales séculaires que sur les délires de la religion.

Les médias bien-pensants donneurs de leçons ont manipulé l’opinion dans les années 1970, et leurs suiveurs dociles se sont complètement gourés, mais jamais les uns et les autres ne reconnaîtront leurs erreurs.

Pour tout ce qui se passait dans le monde, sous toutes les latitudes, ils ont menti et malheureusement il n’y avait pas Internet pour leur faire rentrer leur propagande dans la gorge.

Par exemple quand ils présentaient le castriste Allende comme un grand démocrate triomphalement élu avec 36 % des suffrages en comptant les bourrages d’urnes. Et Papy Nochet comme un affreux tortionnaire parce qu’il avait éliminé quelques centaines de guérilleros castristes qui avaient pris les armes contre leur pays et vivaient de rapines. Tandis que Castro et Pol Pot étaient présentés comme des parangons de démocratie.

Même comportement de salauds préposés au lavage de cerveaux quand les médias vilipendaient les shahs, autoritaires certes mais évolués et modernes, pour leur préférer des mamamouchis psychopathes bornés et attardés. Qu’ils imaginaient compatibles avec le marxisme pour détruire les sociétés capitalistes.

Cela paraît incroyable aujourd’hui, mais avant 1979 des jeunes Iraniennes comme des Kabouliennes aux cheveux libres flottant au vent portaient des mini-jupes ou des jeans moulants, des corsages ajustés, et parlaient et rigolaient sans aucune gêne avec les garçons, en écoutant de la pop music américaine, bref vivaient normalement. Faire revivre ce monde perdu est peut-être une utopie, mais ça vaut le coup d’essayer.

Après avoir déclenché des représailles par ses provocations incessantes, l’Iran appelle maintenant la communauté internationale à cesser les hostilités en usant comme moyen de chantage le détroit d’Ormuz presque paralysé.

La guerre embrase la région et fait flamber les cours du pétrole. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, est quasi totalement bloqué par Téhéran. « Cette paralysie est une souffrance passagère » a assuré le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, estimant que la guerre s’achèverait dans les prochaines semaines. Sous réserve de convaincre une coalition des nations civilisées de forcer le blocus par tous les moyens. Sans avoir peur de faire mal aux djihadistes.

Avec une impudente hypocrisie, les ayatollahs ont exhorté dimanche 15 mars le concert des nations à s’abstenir de toute action pouvant étendre la guerre au moment même où une base italo-américaine était visée. L’armée israélienne a prévenu dimanche qu’elle avait encore des milliers de cibles à frapper en Iran. « Le régime est affaibli et nous allons l’affaiblir encore plus », a assuré le porte-parole de Tsahal, Effie Defrin, devant la presse. C’est le seul langage que les fanatiques comprennent.

Hélas, pour le moment, la lâcheté et la frilosité sont la première réaction des États occidentaux dont aucun n’a pour l’heure annoncé se joindre à Washington, qui veut envoyer ses navires de guerre pour escorter des pétroliers. Du coup Trump prévient les pays de l’OTAN qu’ils risquent une très mauvais surprise s’ils ne se mobilisent pas pour aider à libérer le détroit.

Conséquence des hostilités : le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a augmenté de plus d’un tiers depuis le début de la guerre. Pour amortir la flambée, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l’Agence internationale de l’énergie. Il s’agira du plus important déblocage de stocks stratégiques de l’histoire de l’institution, créée il y a plus de 50 ans.

Carthago delenda est.

« Carthago delenda est » (il faut détruire Carthage) s’époumonait à clamer Caton l’ancien sous les quolibets de ses pairs. Caton, un plébéien s’était élevé à la force du poignet jusqu’aux portes du pouvoir. Où il essayait de sauver les coutumes anciennes et la culture des Romains, perverties par des influences étrangères néfastes.

On ne connaissait pas les expressions « guerre dissymétrique » ou « conflit d’attrition » mais la réalité correspondait à ça. Carthage vaincue deux fois lors de batailles conventionnelles continuait à agresser Rome par des opérations de harcèlement menées par ses alliés ou des mercenaires. On dirait aujourd’hui ses proxies. Tout en affirmant que les Carthaginois voulaient la paix. Et les bobos de Rome qui n’aimaient pas être dérangés dans leurs orgies acceptaient ces mensonges.

Caton avait compris avant les autres qu’il n’y avait pas de place pour deux puissances antagonistes, aussi différentes et incompatibles que Rome et Carthage. L’une des deux devait disparaître pour que vive l’autre. La polémologie devenue science assistée par ordis et IA pousse le réalisme dans ses derniers retranchements. Avec une conclusion simple : il n’y a pas de mal à préférer vivre après avoir éliminé ses ennemis.

L’ennemi n’est ni meilleur ni pire. Il est là et c’est une menace constante tant qu’on ne l’a pas mis hors d’état de nuire. Il fallut attendre que Carthage brise le traité de paix pour que, enfin les Romains se décident à détruire la ville et la raser pierre par pierre. Ce qui risque d’arriver à Téhéran.

Pour la petite histoire : à l’Assemblée anti-nationale, un député centriste avait évoqué cet épisode antique enseigné aux élèves de cinquième de mon temps. Déconcerté, l’intellectuel de compétition Delogu avait demandé mezza-voce de quoi il s’agissait. Après qu’une de ses collègues lui ait murmuré quelques mots dans le creux de l’oreille, il se dressa brusquement, frappant son poitrail d’un geste martial en criant : « Ne nous prenez pas pour des Cartilagineux ! »

Christian Navis

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