Les députés marchent sur les traces de Schuman et sur le portefeuille du contribuable : le hold-up de la Journée de l’Europe
La déclaration Schuman, nouveau fonds de commerce
Jusqu’à preuve du contraire, l’indemnité journalière de 359 euros était théoriquement destinée à récompenser le labeur parlementaire des élus à Bruxelles ou Strasbourg, et exclusivement en semaine. Mais la machine à réinventer les règles s’est emballée. Un courriel interne daté du 6 mars, signé par la centriste française Fabienne Keller et dont Euractiv a obtenu une copie, révèle la combine : le 9 mai, les députés pourront pointer au registre de présence, et ce, en échange d’une simple participation à des animations liées à la fête de l’Europe.
On commémore certes la déclaration Schuman de 1950, cet acte fondateur. Mais cette année, l’hommage aura un coût. Des festivités sont prévues à Bruxelles, Luxembourg, et plus tard à Strasbourg. Au programme : portes ouvertes, petits discours et photos avec des citoyens visiblement trop naïfs pour imaginer que leurs représentants sont payés pour leur serrer la main.
Dans les couloirs du Parlement, on rit jaune. Un élu, qui a requis l’anonymat, lâche une bombe : « C’est incroyablement facile de jouer avec le système et d’obtenir de l’argent pour rien. » Un autre, plus cinglant, résume l’ambiance : « Jean Monnet se retourne dans sa tombe. » On ne saurait mieux dire.
La réunion secrète du « bien-être » des députés
Car cette petite « prime du 9 mai » n’est que la partie émergée d’un iceberg réglementaire. En catimini, un aréopage de cinq hauts responsables du Parlement, mené par la vice-présidente allemande Sabine Verheyen (PPE), s’est réuni pour plancher sur un assouplissement des règles encadrant les indemnités de voyage et de présence. Le tout, bien sûr, sans toucher au budget, promis-juré.
Parmi les douceurs envisagées : passer le seuil de remboursement des trajets en voiture de 720 à 1 000 kilomètres, ou revoir à la baisse le temps de présence exigé pour toucher la précieuse indemnité. On se souvient que ces règles avaient été durcies après le retentissant scandale du Qatargate en 2022. Mais voilà, le Parlement trouve cela trop contraignant. Le groupe de travail, où siège également la député Keller, prévoit de rendre ses conclusions d’ici l’été. L’objectif officiel est de « simplifier ». L’objectif réel, lui, semble surtout de simplifier… l’accès à la caisse.
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Un seul mot : FREXIT vite !