Obtenir la nationalité française en 2026 implique de respecter des règles précises définies par l’État français. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs évolutions réglementaires ont modifié les conditions d’accès, notamment en matière de maîtrise de la langue française et de connaissances civiques. Cet article détaille les démarches, les procédures et les exigences applicables.
le 5 février 2026 par Ali Aomar
Les modalités d’accès à la nationalité française relèvent de la compétence du ministère de l’Intérieur. En 2026, deux grandes catégories de procédures existent : les procédures par décret et les procédures par déclaration. Ces dispositifs s’adressent à des profils distincts d’étrangers selon leur situation personnelle et familiale.
Les procédures par décret concernent la naturalisation et la réintégration dans la nationalité française. La naturalisation par décret est ouverte à tout étranger titulaire d’un titre de séjour en cours de validité, sous réserve de remplir les conditions légales. La réintégration par décret s’adresse aux personnes ayant déjà possédé la nationalité française par le passé et souhaitant la recouvrer, sous conditions spécifiques. Les procédures par déclaration concernent les étrangers pouvant justifier d’un lien particulier avec un ressortissant français. Elles incluent la déclaration par mariage, par qualité d’ascendant de Français, ou par qualité de frère ou sœur d’une personne française. Ces procédures sont encadrées par des textes distincts et suivent un circuit administratif différent de celui des décrets.
La naturalisation et la réintégration par décret
La demande de naturalisation ou de réintégration par décret s’effectue exclusivement en ligne via le site de l’Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Le demandeur doit constituer un dossier numérique comprenant notamment un document officiel d’identité (passeport ou carte nationale d’identité), un timbre fiscal d’un montant de 55 euros, ainsi qu’une copie recto-verso du titre de séjour en cours de validité, sauf pour les ressortissants de l’Union européenne.
D’autres pièces peuvent être exigées selon la situation personnelle du demandeur. Un simulateur de documents est disponible sur le site Service-Public.fr afin d’obtenir une liste personnalisée. La plateforme d’accès à la nationalité compétente pour le lieu de domicile vérifie la complétude du dossier. En cas de dossier incomplet, des pièces complémentaires peuvent être demandées, ou le dossier peut être classé sans suite en l’absence de réponse dans les délais impartis. Les personnes résidant en Guyane, à Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, en Polynésie française ou en Nouvelle-Calédonie doivent déposer un dossier papier auprès de la plateforme de naturalisation compétente. Les demandeurs résidant à l’étranger déposent leur dossier auprès d’un consulat français.
Les nouvelles exigences à compter du 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le niveau de maîtrise de la langue française requis est relevé au niveau B2 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Cette exigence s’applique aux demandes de naturalisation, de réintégration et aux déclarations par mariage. Le demandeur doit justifier de ce niveau à l’oral et à l’écrit par un diplôme français ou une attestation de réussite à un test linguistique certifié ou reconnu au niveau international.
Des aménagements ou des dispenses sont prévus pour les personnes dont le handicap ou l’état de santé empêche l’évaluation linguistique. Un certificat médical conforme au modèle administratif doit être fourni, précisant les aménagements nécessaires ou l’impossibilité de passer les épreuves.
Un examen civique est également instauré pour les demandes de naturalisation et de réintégration. Cet examen prend la forme d’un questionnaire à choix multiples de 40 questions, réalisé en langue française, sur support numérique, pour une durée maximale de 45 minutes. Il porte sur cinq thématiques : principes et valeurs de la République, institutions politiques, droits et devoirs, histoire et culture, et vie en société. La réussite est conditionnée à l’obtention d’au moins 32 bonnes réponses, soit 80 %.
L’instruction du dossier et les effets de l’acquisition
Lorsque le dossier est jugé complet, le demandeur est convoqué à un entretien en préfecture. Cet entretien est conduit par un agent désigné par le préfet et vise à évaluer l’assimilation à la communauté française. Le demandeur doit se présenter avec les originaux des documents d’état civil transmis lors du dépôt de la demande.
À l’issue de l’instruction, le préfet peut prononcer un ajournement, un rejet ou proposer la naturalisation. En cas de proposition favorable, le dossier est transmis au ministère de l’Intérieur, qui peut valider la demande et préparer un décret de naturalisation signé par le Premier ministre et publié au Journal officiel. Après publication, un acte de naissance est établi par le service central de l’état civil.
L’acquisition de la nationalité française produit des effets collectifs pour les enfants mineurs non mariés du bénéficiaire, sous conditions de résidence. Une demande de francisation du nom ou du prénom peut être formulée lors de la demande ou dans l’année suivant l’acquisition. Enfin, une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française est organisée par le préfet dans un délai de six mois après l’acquisition. source
Juvénal de Lyon
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