Lino Ventura ressemblait à mon grand-père… Ils étaient tous deux hors -normes
La grande comédie des censeurs à l’affût : quelques remarques sur la période actuelle…
La grande comédie des censeurs à l’affût !
Je ne fais pas partie des gens qui pensent que « c’était mieux avant… » chaque période à ses inconvénients (et peut-être ses avantages).
J’ai toujours été quelque peu marginal : dans les années 70, 80, 90 le tabagisme ambiant m’agaçait et me gênait au plus haut point et j’apprécie le fait qu’il soit interdit de fumer dans les lieux publics !
Je reconnais être un : « insociable sociable »*
A notre époque je suis étonné de voir tous ces zombies qui déambulent dans la rue sans quitter leur portable des yeux et même des personnes, esclaves des écrans, qui courent tout en menant une conversation …Mais au moins ils ne me polluent pas !
En plus le langage actuel m’agace au plus haut point (et j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire) je suis allergique à l’écriture inclusive et à ces expressions : « celles et ceux et toutes et tous ».
Je ne cesse de m’étonner, d’autre part, que tous les « égalitaristes », ceux du camp du bien, ne s’offusquent pas de voir des femmes voilées dans l’espace public.
Mais du moment qu’ils peuvent répéter leur antienne : « celles et ceux » ils nagent dans le plus parfait bonheur !
La (petite thèse) de mon écrit est celle-ci : « je ne sais pas si l’on ne peut plus rien dire, mais tout ce que vous pourrez dire, même en essayant d’être drôle, au nom de la joie de vivre, pourra être retenu contre vous par les censeurs plus ou moins tapis dans l’ombre du camp du bien … »
Je vais relater des petites anecdotes issues de mon petit monde qui n’ont rien à voir avec l’espace médiatique qui devient d’ailleurs une sorte d’enfer, voir l’article de Christine Tasin sur : « La blague qui a tué Daniel Bravo » .
Je fais partie d’un « atelier théâtre » animé par quelqu’un de certainement compétent mais qui suinte, par tous les pores de sa peau, la bien-pensance gauchiste.
Lors d’une improvisation, deux partenaires femmes devaient s’enlacer.
Légèrement extraverti, je me suis permis de dire « pour être plus crédibles embrassez-vous sur la bouche » et ma remarque a bien sûr suscité l’ire du brave professeur et la réprobation de l’une des deux personnes.
La norme chers lecteurs, la norme, partout désormais il faut être dans la norme et si vous n’êtes pas dans la norme vous êtes un « a » (a privatif) normal , donc un a-normal ….
Lors d’un repas à la cantine, dans la salle des profs, il y a maintenant quelque temps, je discutais de rugby avec des collègues femmes et notamment une irlandaise catholique (adorant ce sport) et je ne sais plus exactement ce que j’ai dit mais je me suis un peu lâché pour dire que, lors d’un match, j’avais pu observer dans les tribunes de charmantes petites Irlandaises qui soutenaient leur équipe.
L’expression de mon intérêt pour ces belles petites irlandaises avait provoqué l’émoi outré de mon interlocutrice comme si j’étais un prédateur en puissance …
La norme : la NORME. Si vous êtes heureux de vivre (par moments), si vous trouvez parfois les femmes désirables surtout ne dites rien : vous serez aussitôt suspecté d’être un obsédé sexuel ou pire un délinquant potentiel.
Dans les années 80, 90 on pouvait encore « draguer », et il était possible de faire des blagues pas toujours très fines en dessous de la ceinture.
J’aimais beaucoup mon grand-père maternel, qui n’avait pas fait d’études, qui avait été maçon, fort des halles, ouvrier du livre, qui n’hésitait pas à faire le coup de poing si on l’emmerdait, et qui ressemblait à Lino Ventura.
Il me faisait rire car il parlait argot avec des expressions très imagées et ne mâchait pas ses mots. Lorsque j’étais au début de l’adolescence il m’avait raconté ses aventures féminines et il me faisait encore bien rire (mais pas ma grand-mère ;-)).
Je ne relaterai pas ici toutes les expressions argotiques imagées de mon grand-père qui était, finalement, un littéraire qui s’ignorait, à la façon d’Alphonse Boudard, dont j’ai lu plusieurs livres où il n’hésite pas à parler de sexe de manière humoristique.
Pourrait-il encore être publié de nos jours, j’en doute ?
Les hommes, et ce n’est pas nouveau, jouent constamment une comédie et actuellement il y a la grande comédie des censeurs à l’affût qui guettent leur proie : le moindre dérapage verbal, ou du moins ce qui est considéré comme un dérapage, peut vous valoir les pires ennuis si vous êtes un personnage médiatique ou si ce n’est pas le cas, au moins, l’opprobre de ceux qui vous côtoient.
Et comme la plupart d’entre nous aiment être intégrés à la meute, aiment être acceptés et jouir (attention à ce mot !) d’une bonne réputation, ils vivent comme la majorité, c’est-à-dire tristement en faisant la gueule avec la bouche pincée car le rire devient suspect sauf si vous en mettez plein la gueule à des politiques de droite (ou « d’extrême droite » selon la glose en cours). Et bien sûr si vous êtes une (triste) humoriste de France Inter vous pouvez tout vous permettre, ainsi : «Variole mortelle» : dans sa chronique, une humoriste de France Inter chante la mort de Jordan Bardella et Marion Maréchal ».
Mais le plus grave bien sûr reste la blague de Daniel Bravo …(!)
Bref la période est triste, lugubre, imprégnée de bêtise et si vous êtes parfois un petit fanfaron heureux de vivre (comme je l’étais jadis) les censeurs vous guettent prêts à vous engluer dans la colle de leurs normes à la con.
Mais en tant qu’individu libre, et avec la force de mon grand-père, je vous emmerde : vous les censeurs de la joie de vivre qui vivez dans la confusion !
* L’insociable sociabilité (en allemand, ungesellige Geselligkeit) est une thèse du philosophe Emmanuel Kant, exposée dans Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique. D’après celle-ci, l’homme serait un être antagoniste dans son rapport à autrui : à la fois sociable et insociable.
Diogène
3 février 26
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