Ah, Ségolène Royal… Souvenez-vous : la candidate qui faisait fondre les pingouins de l’Antarctique (ou du moins qui essayait), celle qui promettait la « démocratie participative » et qui finit par ne participer qu’à des défaites électorales retentissantes… Les Français, pas dupes, l’ont gentiment mais fermement renvoyée dans les cordes. Même les manchots, paraît-il, ont fini par lui tourner le dos – trop de vent dans les voiles, pas assez de substance.
Mais voilà, quand la patrie ingrate vous snobe, il reste toujours un plan B : l’Algérie de Tebboune, le seul dirigeant au monde qui semble encore trouver du charme à l’ancienne perdante socialiste. Voir l’article de Juvénal ici. Fraîchement couronnée présidente de l’Association France-Algérie (on sent le poste consolation à plein nez), Ségolène a débarqué à Alger comme une star oubliée qui retrouve enfin son public. Tebboune l’a reçue en grande pompe, et elle en était « très honorée ». On imagine la scène : elle, rayonnante, lui, stoïque, tous deux unis par un même rêve – effacer un pan de l’histoire de France pour faire plaisir à l’autre rive.
Et oui, l’ex-ministre n’a pas perdu de temps : dès sa sortie du palais présidentiel, elle exige la restitution des biens culturels et des archives de l’époque française en Algérie. Priorité aux objets de l’Émir Abdelkader et autres « figures algériennes », aux ossements des « martyrs de la révolution » du Musée de l’Homme, au canon d’Alger qui roupille à Brest… Et bien sûr, les archives des essais nucléaires au Sahara, pour réparer les dommages. En clair : vider les musées et les dépôts français pour apaiser la mémoire algérienne, au nom d’une « amitié réparée ».
Pendant ce temps, un Français croupit toujours dans une prison algérienne – le journaliste Christophe Gleizes, condamné à 7 ans ferme pour des tweets jugés offensants. Tebboune ne l’a pas gracié, mais qu’importe : Ségolène, en pleine lune de miel diplomatique perso, n’a pas jugé utile d’en piper mot lors de son audience. Boualem Sansal ? Oublié aussi, le vieil écrivain malade incarcéré pour avoir osé critiquer le régime. Mais bon, on ne va pas gâcher la belle harmonie avec des détails aussi triviaux qu’un compatriote derrière les barreaux.
Bref, pendant que les Français regardent, impuissants, Egolène joue les grandes prêtresses du repentir : elle marche main dans la main avec le seul homme politique qui veuille encore d’elle, prête à offrir sur un plateau d’argent des pans entiers de notre passé commun. Trahison ? Non, voyons, c’est du dialogue et du respect mutuel. Du moment que le respect va dans un seul sens, bien sûr.
Au final, on se demande ce qui est le plus pathétique : qu’elle n’ait plus d’audience en France, ou qu’elle doive aller quémander l’attention à Alger pour exister politiquement.
Pauvre Egolène… Des pingouins aux Algériens, en passant par les Français qui l’ont fuie, il ne lui reste plus qu’un seul fan club : celui de Tebboune. Et encore, on parie que même lui ne la suit que pour les cadeaux qu’elle promet d’apporter.
Reste à croiser les doigts pour que nos archives restent bien françaises avant qu’une ex-candidate ne les emballe pour Alger.
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