Les Français sont de trop gros consommateurs de médicaments. Il y a tellement de pharmacie en France !
Un nouveau phénomène, devenu une nouvelle entité clinique, est de plus en plus fréquent. Il est connu sous le nom de cascade de prescriptions: un médicament provoque des effets secondaires que les médecins confondent avec une nouvelle maladie, ce qui déclenche une autre prescription qui crée ses propres problèmes, piégeant les patients dans un engrenage de médicaments inutiles et potentiellement nocifs.
Dans de nombreux cas, il peut être difficile pour les médecins (souvent un autre médecin que le premier) de déterminer si les nouveaux symptômes proviennent des médicaments pris par le patient ou s’ils sont le signe d’un nouveau problème de santé. Selon les recherches, les risques liés à l’ajout d’un autre médicament. pour contrer les effets secondaires d’un premier médicament, l’emportent sur les avantages. Ce problème touche particulièrement les personnes âgées, qui prennent souvent plusieurs médicaments et sont plus vulnérables aux interactions médicamenteuses.
Lorsque des vétérans américains âgés ont développé un œdème des jambes après avoir commencé à prendre de la gabapentine, le cinquième médicament le plus prescrit aux États-Unis, (on se demande pourquoi ?), seuls environ 4 % de leurs médecins ont reconnu que le médicament en était la cause. Tous les autres autres médecins, des fragilistes et épris de la via positiva du domaine commercial, ont prescrit des diurétiques pour ce qu’ils pensaient être une insuffisance cardiaque ou des problèmes veineux. Ces médicaments diurétiques ont alors provoqué des vertiges, une baisse dangereuse du taux de potassium et plusieurs de ces malheureux vétérans ont aboutit aux urgence d’un hôpital.
En réalité, ce problème va bien au-delà de la gabapentine. Les autres médicaments couramment utilisés qui déclenchent des cascades de prescriptions sont: les AINS (ibuprofen, naproxen…), les inhibiteurs calciques (dihydropyridines, amlodipine…), les diurétiques, les inhibiteurs de la cholinestérase (lisinopril…), le bupropion un antidépresseur, l’albuterol, les antipsychotiques...
Comment se protéger? Même les patients qui ne bénéficient pas d’un solide réseau de santé de soutien peuvent prendre des mesures pour réduire les risques de se voir prescrire des médicaments inutiles ou dangereux lors de leur prochaine visite à un hôpital ou chez un médecin.
La meilleure chose à faire est de tenir à jour une liste de tous ses médicaments sur ordonnance et en vente libre, ainsi que des compléments alimentaires ou à base de plantes.
Cette liste doit préciser la date à laquelle chaque médicament a été prescrit ou changé, qui l’a prescrit ou recommandé, et tout nouveau symptôme ou problème apparu après le début ou le changement de traitement. Chaque médecin antifragile consulté et choisissant la via négativa pourra alors réviser cette liste de médicaments à chaque visite et faire des efforts pour en supprimer .
Dominique Schwander
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