Les mariages avec des personnages de fiction, une pratique qui se développe, surtout au Japon, mais pas que !
C’est un article du Parisien qui m’a fait découvrir la nouvelle tendance de ce monde de fous
On y raconte l’histoire de Lucie, une Française de 24 ans originaire du sud de la France, qui s’est mariée symboliquement avec Mami Nanami, un personnage antagoniste de manga et anime la série de Manga Rent-A-Girlfriend (« J’aimerais louer une petite amie ») connue au Japon sous le titre « Kanojo Okarishimasu » et abrégée en « Kanokar ». Rent-A-Girlfriend est aussi connue au Japon sous le titre Kanojo,okarishimasu.
La cérémonie a eu lieu le 13 décembre dans une chapelle d’Okayama, au Japon, organisée par l’entreprise japonaise Euro, spécialisée dans ces unions fictives. Lucie, passionnée par la culture japonaise depuis l’enfance, vit à Tokyo où elle travaille comme agent de licences. Elle décrit son amour pour Mami comme progressif et profond : elle collectionne des « goodies » (petits cadeaux publicitaires), emmène une peluche partout, et organise son quotidien autour de ce personnage (décoration en jaune, anniversaires romantiques…). La cérémonie, sans valeur légale ni religieuse, a été gratuite pour elle grâce à sa notoriété sur les réseaux (20 000 abonnés Instagram). Sa famille et sa compagne réelle soutiennent cette passion, qu’elle compare à un amour authentique. Au Japon, cela s’inscrit dans l' »oshikatsu », une forme d’amour pour des idoles ou personnages fictifs.
Cette pratique n’est pas nouvelle, mais elle a gagné en visibilité ces dernières années. Le terme « fictosexualité » (attirance sexuelle ou romantique pour des personnages fictifs) a émergé dans les années 2010 et s’est popularisé autour de 2020, suite à des cas médiatisés. Les racines remontent plus loin : dès le XXème siècle, des relations fantasmatiques avec des célébrités ou figures imaginaires existaient dans les cultures occidentales et japonaises, influencées par les médias, romans, films, dessins animés…
Au Japon, les mariages symboliques avec des personnages comme des hologrammes ou peluches ont explosé vers 2018, avec le cas emblématique d’Akihiko Kondo, qui a « épousé » Hatsune Miku, une idole virtuelle, dans une cérémonie non officielle.
Des entreprises comme Gatebox ont délivré plus de 3 700 certificats de mariage fictifs dès 2019, et Jigenkyoku en a émis plus de 200 depuis. On estime que plus de 4 000 personnes au Japon se sont mariés avec des partenaires virtuels ou IA, bien que rien ne soit légal.
C’est un phénomène qu’on trouve un peu partout dans le monde, mais principalement au Japon, où c’est une niche culturelle liée à l’otaku et à la fictosexualité : environ 12 % des jeunes Japonais disent tomber parfois amoureux d’un personnage de dessin animé ou de jeu vidéo (enquête 2019), et 22 % des collégiennes en 2023 rapportent des inclinations « fictoromantiques », en hausse depuis 2017. Ailleurs, c’est plus rare mais en croissance : des cas isolés aux États-Unis (où 1 ado sur 3 utilise des compagnons IA pour des interactions romantiques), en Australie ou en Chine.
Globalement, c’est une tendance émergente avec l’IA et les hologrammes, mais encore marginale hors du Japon, souvent vue comme excentrique ou thérapeutique pour lutter contre la solitude.
N’est-ce pas inquiétant de préférer la fiction à la réalité ? Moi je dirais oui d’emblée, les psys et autres experts sont plus nuancés. Ça dépend du contexte. D’un côté, ça peut être inoffensif : une forme de fanatisme créatif qui apporte du réconfort, de la compagnie émotionnelle, et même aide à surmonter la dépression.
Au Japon, où les taux de mariage chutent (moitié moins qu’en 1947), ça reflète des problèmes comme la solitude ou la pression professionnelle. Mais si à terme ça remplace totalement les relations humaines, ça pourrait signaler des troubles psychologiques, comme un évitement de la réalité ou une dépendance. Des experts parlent de « synthétique intimité » comme un palliatif, pas une solution. En fin de compte, tant que ça n’empêche pas une vie équilibrée, pourquoi pas ? Mais si ton partenaire fictif ne répond pas à tes textos puisqu’il n’existe pas ça pourrait être un signe d’alerte ou le début d’une longue dépression, non ?
Christine Tasin
Prochainement le second volet concernant les mariages en Occident, Europe et Etats-Unis. Même s’il y en a moins qu’au Japon, la mode gagne peu à peu nos contrées…
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Sa vraie compagne accepte, c’est ça qui est grave. Quand j’étais petite, je « tombais amoureuse » de mes héros de DA préférés, mais c’est plutôt ce qu’ils représentaient : des garçons courageux, intègres, avec un grand coeur, et drôles. Aujourd’hui , c’est terrible de s’ancrer dans la fiction et délaisser la réalité. C’est dire si ceux qui prétendent diriger le monde l’ont bien pourri.