Le président Donald Trump parait, aux yeux des Européens sortis de l’histoire depuis presqu’un siècle, erratique et farfelu. La revendication du Groenland, son idée d’un conseil pour la paix pour la reconstruction et le gouvernement de l’enclave islamo-arabe de Gaza, ou encore son attitude ambigüe, peut-être voulue, vis-à-vis de la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine, et enfin sa reconnaissance avec poignée de main du régime islamiste de Solani en Syrie, tous ces terrains minés sont incompréhensibles si l’on évince les positions idéologiques et politiques du président de l’équation.
Aussi faut-il s’attacher aux faits, aux positions officielles et aux blocages des opposants intérieurs de Trump qu’ils soient de « droite » – les néo-cons – ou de l’extrême-gauche mondialiste et tiers-mondiste.
Le premier combat de Trump est patriotique. Les Etats-Unis sortirent puissants de la seconde guerre mondiale et devinrent impuissants pendant l’ère qui commença avec Bill Clinton et termina sous Biden.
Cette impuissance fut la fille de la culpabilité des Blancs d’origine européenne qui firent la grandeur du pays. Car ce fut grâce aux pionniers et à la liberté d’inventer, à la base de la foi des Américains en leur avenir personnel et gravé dans le marbre de la Constitution, que se bâtirent les Etats-Unis. Être assisté n’était pas leur credo, et être riche n’était pas une honte.
C’est à cet assemblage de courage, audace, rudesse et souveraine liberté que les prêtres du socialisme s’attaquèrent. Appuyés sur les masses importées qui s’identifièrent bientôt aux Noirs descendants d’esclaves ils insinuèrent que sur les Blancs pesaient tous les péchés et qu’ils devaient réparation à tous les autres. Cette présomption de persécution suffit à des politiciens sans valeurs pour atteindre aux postes parlementaires où ils ouvrirent les vannes de l’argent public pour ces masses allogènes sans contrepartie. Au point que le pays perdit sa solidité financière, que les dettes se firent colossales et les ayants droit sans titre avides et innombrables.
Ce que Trump a endossé ce sont les thèmes de la responsabilité individuelle, de la préférence nationale et de l’intangibilité anthropologique de la société. Il s’agit là de l’exact opposé des « valeurs » de l’Union Européenne – et donc de la France – et bien sûr de l’Ukraine. L’action de Trump devait se concentrer sur la politique intérieure au risque d’une guerre civile
Cependant, tant d’opposants étaient contre lui, et contre la majorité des Américains qui l’ont élu, qu’il lui a fallu, pour ne pas être paralysé, faire croire aux uns qu’il mènerait à l’extérieur une politique qui les flattât, afin qu’à l’intérieur il pût s’occuper de l’immigration, de la corruption du monde scientifique et donc de la politique sanitaire sans trop d’encombre.
Le vrai front se trouve dans les états démocrates dont les gouverneurs et maires de grandes villes empêchent les agents fédéraux d’appréhender les illégaux, criminels ou pas, pour les renvoyer au-delà des frontières. A ce niveau, la guerre civile est en cours puisque le Minnesota a poussé sa population à la résistance par l’agression des agents de l’ICE[1].
Quant à Robert Kennedy Jr, ministre de la santé, il révolutionne le monde scientifique tant sur la mise sous surveillance de l’expérimentation animale et l’interdiction de certaines pratiques, que sur les obligations vaccinales pesant sur les citoyens, ou l’interdiction faites aux parents et praticiens médicaux de procéder à des transitions de genre pour les mineurs. Mais sans oublier la « mal bouffe » et les ravages de l’agro-alimentaire, ni, surtout, la crise des opioïdes et le trafic de drogue qui l’alimente.
Tous ces terrains sont si brûlants que le Président a dû s’attaquer aux sources du mal : le Venezuela, puis Cuba et plus tard la Colombie et le Mexique. L’opération Maduro a montré qu’il tient les gouvernants pour responsables, qu’il avait la force nécessaire et le savoir-faire, et qu’il n’hésiterait pas à s’en servir.
Par contre Donald Trump sait que l’Europe est morte et que donc l’Otan n’est plus d’aucune utilité pour les Etats-Unis. Alors, la dérive libérale (aux sens gauchiste et mondialiste) du Canada et de l’Union européenne nécessite une menace et une action. La menace a déjà été émise à l’encontre d’Ottawa et la demande de sécession de l’Alberta, en cours, pour que cet état canadien puisse rejoindre les Etats-Unis est la preuve patente de la décomposition du Canada. Mais l’action doit être menée contre l’Europe et elle est en œuvre avec la demande faite au Danemark du rachat du Groenland.
Le Groenland est une sorte de bouclier arctique face à la Russie, la Chine et l’Extrême-Orient. Il doit être une forteresse vigilante au nord-est du continent. Mais surtout, en dépossédant le Danemark qui ne fait pas partie de l’Union européenne, il vise les autres états européens qui, en bons chiens de Pavlov, ne manqueront pas de réagir d’une manière hostile.
Car l’hostilité des pays européens est nécessaire à Donald Trump pour améliorer sa stature « neutre » dans l’affaire ukrainienne, pouvoir réduire son soutien à l’OTAN qui est effrayé par le risque d’un retrait des USA de l’organisation, et lui permettre d’annihiler l’influence financière européenne dans l’aide qu’elle apporte à l’extrême-gauche dans les luttes sociétales qui pourrissent la société américaine et menacent sa cohésion.
Mais surtout, son attitude flatte les néoconservateurs, dont le premier d’entre eux le sénateur Lindsay Graham, dont l’influence au Sénat est importante. Cette politique neutralise aussi des pans entiers des personnels de la CIA, du NSA et du Pentagone qui n’ont pas envie d’entraver une politique étrangère qui leur importe.
Au Proche-Orient, s’il n’est pas clair que la Maison Blanche ait pris la mesure de l’islam dans cette région tumultueuse, il semble que la création d’un conseil pour la paix se constitue contre l’ONU pour résoudre ou contenir le risque islamique dans la région. Il est utile de constater que Donald Trump a invité la Russie à y participer mais que nombre de pays européens ont refusé d’en être dont la France et l’Italie. Le fossé s’élargit entre le souverainisme et les lubies européennes.
Il est à noter que l’Iran, ou plutôt son régime théocratique est sur la sellette après qu’il a tué – au dire de l’ayatollah Khamenei – plus de 5000 protestataires sans éteindre la rébellion. Et cependant, la rebuffade de l’ayatollah à l’égard de Zelenski qu’il a traité de clown, est intéressante puisqu’elle vient d’un membre des BRICS et allié de la Russie…
Enfin on doit citer les propos de Vladimir Poutine sur l’affaire du Groenland par lesquels il déclare que « l’affaire ne concerne pas la Russie », qu’elle sera résolue « entre les USA et le Danemark » que dans cette hypothèse « Il serait plus près de la position des USA » et qu’en effet la Russie ayant eu l’expérience de la vente en 1863 de l’Alaska aux Etats-Unis pour 7,2 millions de dollars, après réévaluation cela correspondrait à 200 million de dollars actuels, et comme le Groenland est plus grand, il chiffrerait le prix vers 300 millions de dollars, et il termine par « en poussant ce prix jusqu’à 1 milliard de dollars cela me semble à la portée des Etats-Unis »…
Mais comme à chaque jour suffit sa peine, Donald Trump n’a que trois ans pour faire le ménage chez lui, et par là dans le monde. Parler de « ses foucades » sans se demander ce qu’elles cachent est enfantin et même infantilisant pour ceux qui lisent ce genre d’analyses, ici ou ailleurs.
Georges Clément
[1] Immigration et douanes
88 total views, 88 views today


On peut toujours trouver des circonstances atténuantes à Trump, c’est justifié, il n’est pas tout noir, mais pas tout blanc non plus. Pour le reste cette démonstration reste une hypothèse et nul ne sait ce qui se passe dans la tête du président. Mais son côté imprévisible et parfois délirant peut nous mener à la troisième guerre mondiale. Je qualifierai Trump de mi-figue mi-raisin.il y a du bon et du mauvais, c’est là le problème : l’ambiguïté du personnage. Avec Trump, c’est la loi du plus fort, on en revient au temps de l’extermination des indiens, mais nous ne sommes pas des indiens ! La France n’a pas à se soumettre ni à la volonté des USA et ni à la loi islamique. Bonne journée