Camélia était harcelée, elle est morte ; quand l’école va-t-elle protéger les nôtres ?

Quand l’école va-t-elle enfin protéger  vraiment les harcelés ? Le cri d’alarme de Camélia, pauvre petite martyre que l’administration de son collège n’a pas prise au sérieux, et qui est morte, seule et désespérée, sous un train.

Camélia avait 17 ans. Elle allait fêter ses 18 ans dans quelques jours. Élève en terminale STMG au lycée Honoré-de-Balzac de Mitry-Mory (Seine-et-Marne), elle rêvait sans doute d’un avenir lumineux.

Le 13 janvier dernier, elle a choisi de s’allonger sur les rails du RER B à Villeparisis-Mitry-le-Neuf. Son geste désespéré a mis fin à une vie brisée par des semaines –  des mois ? – d’un harcèlement scolaire impitoyable que personne, apparemment, au lycée n’a pris au sérieux malgré les parents qui ont tiré la sonnette d’alarme. J’ai envie de dire Assassins !

 Des élèves suspects avaient  été convoqués et rien n’a changé ! Les petits salopards n’ont pas été mis dehors immédiatement, inscrits dans un autre établissement à des lieues de celui de Camélia, nécessitant  qu’ils soient internes -bien fait pour leur gueule- afin qu’ils n’aient même plus la possibilité de martyriser encore et toujours leur malheureuse victime.

Ah ! mais c’est interdit ça, madame Tasin, z’êtes une vraie nazie. C’est pas comme ça qu’on empêche le harcèlement, faut caresser les monstres dans le sens du poil, leur acheter des sucettes, voire leur offrir une place de cinéma pour qu’ils cessent de mal se comporter. Et puis, après tout ils ne sont pas coupables c’est sûrement la faute de leurs parents qui n’ont pas su ou voulu les élever correctement, à moins que ce ne soit la faute à la télé, aux films… bref, la faute à pas de chance. Quelle idée aussi de mettre une gamine fragile dans une classe de terreurs et de ne pas chasser impitoyablement les petites ordures ? 

 

Entendez-vous mon cri ? Mon hurlement ? 

Selon sa famille, tout a commencé en décembre dernier. Insultes, rumeurs, moqueries répétées, attaques sur les réseaux sociaux… Camélia a alerté ses proches, puis l’établissement. La direction a été informée par les parents, des échanges ont eu lieu, des élèves suspects ont été convoqués…. Mais rien n’a vraiment changé. À la rentrée de janvier, le calvaire a repris de plus belle.

Le jour même de son suicide, Camélia a été convoquée par le proviseur. Pendant cet entretien, selon les éléments rapportés par le procureur de Meaux, on lui a reproché sa part de responsabilité dans les faits ! « Il a dit que je me victimise », aurait-elle confié à sa mère dans un message déchirant envoyé juste après.

Quelques heures plus tard, elle mettait fin à ses jours. Je crois qu’à la place de la famille je tuerais. Un  harceleur,  un  proviseur, un surveillant, un prof… que sais-je, pour venger la mort de cette enfant. Je sais bien que ça ne la fera pas revenir mais au moins j’aurai fait quelque chose pour la venger.  Que dire, que faire d’autre pour venger cette douce et belle jeune fille, pour ne pas rester les bras ballants devant l’abomination et l’envie, le besoin de vengeance ? 

Ce drame n’est pas isolé. Il révèle un système qui, trop souvent, minimise la parole des victimes, par crainte de  stigmatiser les harceleurs ! On convoque, on discute, on parle de tensions, de pauvres gosses mal élevés, de malentendus, mais les mesures concrètes restent rares et inefficaces. Les enseignants eux-mêmes, dans cet établissement, expriment un sentiment d’échec collectif  : manque de formation, manque de moyens humains pour traiter ces situations complexes, absence de protocoles vraiment dissuasifs. Ben voyons ! Faut pas stigmatiser qu’on vous dit. Il vaut mieux que nos enfants se suicident, ça fait moins de bruit que lorsqu’une racaille est tuée par un policier pour l’empêcher de démarrer et tuer… Il est vrai que les nôtres ne brûlent pas les voitures ne cassent pas tout, ne partent pas en émeute  dès que l’un des nôtres est tué. Mieux encore, à présent c’est celui qui ose se défendre et défendre la loi qui est traîné au tribunal et condamné..

La famille a porté plainte, des enquêtes judiciaires et administratives sont ouvertes. Le proviseur a été mis en retrait à sa demande. Mais cela suffira-t-il à changer les choses ? Combien d’autres Camélia, combien d’autres adolescents brisés par le silence ou l’inaction institutionnelle, avant que l’on arrête de donner la priorité à la protection des harceleurs au détriment des harcelés ?

Oui c’est cela le problème, la cause dans cette société de merde où les victimes passent après les criminels, dans cette société de merde où l’on a peur de dire et faire la loi aux racailles, qu’elles soient françaises ou étrangères.

Le Français de souche crève la bouche ouverte sur le trottoir et où l’on fait construire à grands renforts de millions des CADA pour accueillir des gens qui ne sont pas les nôtres. 

Quand chacun naît, il reçoit en héritage des parents, une famille, un pays, un intellect, un physique qu’il n’a pas choisis et c’est à lui d’en tirer le meilleur parti.  Des gens qui ne sont pas les nôtres et qui nous détestent n’ont rien à faire chez nous. Vous me direz que ça n’a aucun rapport avec Camilla, peut-être mais peu importe c’est toujours la même histoire.

Une histoire de discrimination voulue et assumée : les autres d’abord, les autres (qu’ils soient étrangers ou pas, qu’ils soient bien ou mal élevés, qu’ils aient de bons ou de mauvais parents, qu’ils naissent dans la brousse ou avec une cuiller d’argent dans la bouche c’est à eux de faire leur vie et c’est à nous de redresser sans pitié les ordures. 

Parce que, voyez-vous, les réponses cosmétiques – cellules psychologiques temporaires, mails d’information, rappels à la loi – ne sont plus acceptables. Elles sont tellement dérisoires face à l’abominable réalité…

Soyons vulgaires, vulgarité à la mesure de ma colère, de mon désespoir. Elles sont risibles face à la souffrance d’un enfant qui se sent abandonné par les adultes censés le protéger.

Il est temps de passer aux actes. La liste des sanctions officielles fait grincer des dents  : sanctions fermes et rapides, accompagnement réel des victimes, formations obligatoires pour tous les personnels (pour dire qu’il ne faut pas se défendre, se venger ?), une vraie politique de tolérance zéro, ce qui veut dire expulsion manu militari de l’agresseur. Tiens il n’y a plus de maison de redressement ? Je ferais un excellent ministre de la justice des mineurs, si, si, je vous assure. Il ya 12 ans une de mes voisines a alerté l’institutrice de son fils qui était martyrisé à la cantine, n’ayons pas peur des mots. Il ne s’est rien passé. Elle a alerté le rectorat, la cellule dédiée du rectorat qui, débordée, paraît-il, n’a pas encore répondu… 

J’ai honte d’avoir consacré tant de temps, d’amour et de travail à une Education Nationale devenue si mauvaise, si terrifiante, si dans l’air du temps… Il est vrai que « de mon temps » c’était pas si facile d’avoir le capes, l’agrégation, il y avait une sélection.

Camélia n’est plus là pour témoigner. Mais son histoire doit réveiller les consciences. Arrêtons d’abandonner les harcelés. Pour eux, pour nos enfants, il est urgent d’agir. 

Christine Tasin

 635 total views,  635 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


9 Commentaires

    • Souvent mais pas toujours j’ai rencontré au cours de ma carrière de sales petits cons-salauds bien Français de souche qui étaient de sales harceleurs

  1. @Christine Tasin Je suis (comme vous, je crois?) agrégé de lettres classiques, à la retraite, et je pourrais contresigner chaque mot et accompagner chaque cri de rage de votre article. On pense à l’insondable désespoir, qui restera à jamais inconsolé, de cette pauvre enfant trahie, abandonnée à la méchanceté de brutes. On est déchiré par ses derniers mots à sa maman.

    • Merci Jean pour ce partage, le sentiment d’inutilité est tellement fort face à la réalité qu’on a besoin d’être nombreux pour ne pas crever de désespoir en silence

  2. Oui, tu as raison Christine ! De plus en plus de jeunes se suicident face aux laches qui harcèlent et aux deux fois plus lâches qui ne font rien! Mais est-ce encore vraiment du harcèlement ? Ne serait ce pas plutôt des meutres par procuration ? Certains n’hésitent pas à pousser au suicide leurs victimes et restent ainsi innocents de l’accusation de meurtre !les mœurs changent, mais la loi et la justice mettent des années à s’adapter. Je sais ce que les parents doivent ressentir : j’ai perdu un neuveu, il avait une vingtaine d’année, je savais qu’il était homosexuel. A t’il été harcelé ? Je n’en saurais jamais rien, il n’a jamais parlé de rien. Il y a aussi ceux qui restent dans le silence. Deux semaines plus tard un de ses amis présent à l’enterrement se suicide aussi ! Deux jeunes vies brisée pourquoi ? Notre société ne leur donne même plus le goût de vivre. Bonne journée.

    • On va devenir fous… Merci pour ton témoignage, il faut dire, dénoncer, sans relâche et fermer la gueule aux dhimmis

    • Bonjour mon ami le chti français. Les réseaux sociaux n’ont rien arrangé. Beaucoup de harceleurs s’en servent. Cette société est à vomir. Je rêve d’une société où on éliminerait tous ces nuisibles. Tout les nuisibles. Comme les cailloux dans les lentilles. Bon, je vais me faire tacler, mais tant pis. J’espère que ta santé va mieux. Bonne journée ainsi qu’à notre présidente et à tous et toutes pour n’oublier personne.