Pourquoi Trump veut le Groenland

Les dirigeants danois s’offusquent de voir que Donald Trump veut faire du Groenland une terre américaine. Le Groenland est territoire danois, disent-ils.

Les habitants du Groenland veulent leur indépendance, mais ne veulent pas être américains, disent-ils apparemment de leur côté. Et plusieurs pays européens, en tête desquels la France de Macron, défendent l’appartenance du Groenland à l’Europe et entendent montrer leurs muscles. Trump est, bien sûr, décrit au Danemark, en France, et presque partout en Europe, comme un ignoble personnage, mais ce n’est pas surprenant, il est toujours décrit presque partout en Europe comme un ignoble personnage. C’est normal. C’est un Président républicain, et il y a une continuité. George Walker Bush avait été traité de la même façon. Ronald Reagan avait été à peine mieux traité. Les dirigeants et les médias européens préfèrent en général les présidents américains de gauche, néfastes pour les États-Unis et pour le monde démocratique.

L’affection du Danemark pour le Groenland est surprenante. Le Groenland est une colonie danoise et le Danemark s’est conduit avec les Inuits, la population autochtone du Groenland, de manière absolument ignoble. Le Danemark a mené une politique de stérilisation forcée des femmes inuites pendant plusieurs décennies, de façon à limiter la croissance de la population, et cela a été un crime abject envers une population entière. Le Danemark a aussi, au cours de la même période, retiré de nombreux enfants inuits à leurs familles, par la force, et les a envoyés au Danemark pour adoption aux fins d’en faire de bons Danois. Tout cela est peu dit en Europe et devrait l’être bien davantage. Des femmes inuites s’étant révoltées contre ce qu’elles ont subi à leur insu (les médecins danois n’expliquaient pas ce qu’ils faisaient), et clamant leur désespoir de ne pouvoir avoir d’enfants, se sont vu proposer par le Gouvernement danois une compensation de 40 euros. Minable et sordide.

Les habitants du Groenland veulent être indépendants. Il y a 53 000 Inuits, les autres sont des Danois et les Inuits représentent 90 % de la population. Ils seraient plus nombreux si le Danemark n’avait commis aucun crime. Les Danois du Groenland veulent-ils être indépendants du Danemark ? Vraiment ? Les Inuits, eux, pensent-ils pouvoir être indépendants ? De quoi vivraient-ils ? De la pêche ? Comment défendraient-ils un territoire de plus de deux millions de kilomètres carrés ? Pour l’heure, les Inuits vivent surtout d’argent venu du Danemark. En cas d’indépendance, recevraient-ils encore cet argent ? Le Danemark, pour l’heure, n’a pas eu à défendre le Groenland car personne ne s’y intéressait. Un léger réchauffement (qui n’est pas dû aux activités humaines, le climat sur Terre dépend très largement du soleil) rend le Groenland intéressant. Des vaisseaux russes et chinois frôlent ses côtes avec une fréquence croissante. Le Groenland a un sous-sol riche en terres rares, en autres minerais précieux, en gaz et en pétrole : une société australienne, Greenland Minerals and Energy Ltd, a entrepris des forages, limités en raison de réglementations européennes sur l’environnement. Si on regarde de près, on voit que cette société australienne est en fait financée par la Chine et travaille pour celle-ci.

Le Danemark a-t-il les moyens de surveiller et de défendre les côtes d’un territoire aussi vaste que le Groenland ? La réponse est non. Le Danemark a-t-il les moyens et surtout l’intention de forer le sous-sol du Groenland et de violer les réglementations européennes ? La réponse est non encore.

L’Union européenne a-t-elle les moyens de défendre les côtes du Groenland ? Bien sûr que non. Aucun pays européen n’a les moyens de défendre son propre territoire, et l’arme atomique dont dispose la France est une arme de dissuasion, pas une arme d’utilisation en cas de guerre, sinon en ultime recours. L’envoi d’une trentaine de militaires au Groenland est censé montrer les muscles de l’Europe et montre surtout une extrême faiblesse, et habiller cette faiblesse en disant qu’il s’agit d’une mission d’exploration des nécessités de défense du territoire ne trompe personne. Les propos disant que l’Europe a les moyens de faire face à la Chine et à la Russie sont pathétiques et risibles.

Les pays d’Europe n’ont, comme le Danemark, ni les moyens ni l’intention de forer le sous-sol du Groenland, ce qui serait écologiquement incorrect, et la religion écologiste est très pratiquée en Europe (c’est d’elle que découlent les réglementations susdites).

Ce qui doit être ajouté est que le Groenland n’est pas territoire danois. Et des titres de journaux tels que « les Danois dans la rue pour défendre leur territoire » sont mensongers. Le Groenland n’est pas « leur » territoire, que cela leur plaise ou non, et il n’y a aucune souveraineté territoriale du Danemark sur le Groenland. Celui-ci est un territoire autonome dont la population veut une indépendance (dont elle n’a pas les moyens). Ce n’est pas non plus un territoire européen. Il rentre dans la catégorie européenne des pays et territoires d’outre-mer, en raison de son lien au Danemark. Les Groenlandais ont voté en faveur de leur séparation d’avec l’Europe en 1985.

Les États-Unis ont déjà voulu acheter le Groenland, qui ne sert à rien ni au Danemark ni à l’Europe. La dernière fois, c’était en 1951. Le Danemark avait refusé, mais accepté le maintien de la base américaine de Thulé (maintenant Pituffik).

Donald Trump n’a pas l’intention de prendre le Groenland par la force, non (si les États-Unis le faisaient, il leur faudrait une journée tout au plus). Il veut que le Groenland devienne un État libre associé aux États-Unis, ce qui est le statut de Porto-Rico, par exemple.

Quel serait l’avantage pour les Inuits ? Ils deviendraient citoyens américains, sans perdre quoi que ce soit de leur autonomie et de leur mode de vie. Ils recevraient des subventions américaines, qui seraient bien plus élevées que celles venant du Danemark, car les États-Unis sont bien plus riches que le Danemark.

Les États-Unis, eux, ont les moyens de défendre les côtes du Groenland et de mettre en place une force crédible face à la Russie et à la Chine, et ils ont les moyens de forer le sous-sol du Groenland sans être soumis aux réglementations écologistes européennes, et en en excluant la Russie et la Chine, qui est toujours une dictature totalitaire régie par un parti communiste.

Pourquoi Donald Trump veut-il que le statut du Groenland change ? La réponse découle de ce que je viens d’écrire : parce que seuls les États-Unis ont les moyens de défendre le Groenland et parce qu’ils ont aussi les moyens et la volonté de forer le sous-sol du Groenland. Il faut ajouter que présentement, agrandir la base de Pituffik ou créer d’autres bases implique de demander l’accord préalable du Danemark, et les États-Unis veulent être libres de le faire sans demander l’autorisation du Danemark. Les États-Unis pensent aussi au futur. Trump parle d’effacement civilisationnel de l’Europe et se demande où en sera bientôt l’Europe si elle continue à s’islamiser, et il sait que l’Europe est prête à s’entendre avec la Chine, comme vient de le faire le Canada sous le socialiste Mark Carney. L’Europe est le maillon faible du monde démocratique et est de moins en moins démocratique.

Question complémentaire : pourquoi Trump veut-il le Groenland ? Réponse : parce que la zone arctique va devenir cruciale pour la sécurité du monde dans les années à venir. La Russie, pour l’heure, est massivement prédominante dans la zone et est alliée de la Chine. Les États-Unis ont l’Alaska, avec le Groenland, ils pourront tenir l’autre extrémité de la zone arctique, y contrôler la navigation et empêcher la Chine, ennemi majeur du monde occidental, de s’y implanter.

Pourquoi le Danemark s’alarme-t-il ? Parce que c’est un pays sous gouvernement socialiste et religieusement écologiste, et parce que ses dirigeants veulent se donner l’impression qu’ils sont plus puissants qu’ils ne sont en réalité : un pays de six millions d’habitants et de 43 000 kilomètres carrés.

Pourquoi Macron et Merz s’alarment-ils aussi, et traitent-ils Trump de prédateur ? Pas du tout parce que le futur du Groenland leur importe, non (ils ne se sont jamais intéressés au Groenland), mais parce qu’ils veulent une fois de plus détourner l’attention des problèmes internes à leurs propres pays, parce qu’ils sont dans une phase délirante, parce qu’ils détestent tout ce qu’incarne Trump (l’idée de paix par la force, la défense du monde occidental et de sa civilisation, le renforcement de la prééminence des États-Unis leur permettant de rester première puissance du monde, le mépris pour la religion écologique). Comme la plupart des autres dirigeants européens, je l’ai écrit plus haut, ils préfèrent les Présidents américains de gauche, néfastes pour les États-Unis et pour le monde démocratique. Ils ont tant aimé Obama et le sénile Joe Biden.

Ils ont saboté la proposition de paix de Trump en Ukraine pour que la guerre continue et s‘endettent pour qu’elle se poursuive, alors que Poutine continue sa destruction systématique de l’Ukraine, et ils font ainsi le jeu de la Chine en accentuant la dépendance de la Russie envers celle-ci. Merz n’a pas reconnu l’État palestinien (en raison du passé très sombre et génocidaire de l’Allemagne, il n’ose pas, comme ses prédécesseurs, prendre de positions anti-israéliennes), mais Macron, lui ne se retient pas et est résolument « pro-palestinien », et s’efforce de nuire à la perspective de paix tracée par Trump pour Israël et pour le Proche-Orient.

Macron et Merz ont été très peu audibles pendant que le régime des mollahs massacrait les Iraniens et se sont bien gardés d’appuyer les positions ben plus fermes de Trump.

Ils entendent s’efforcer de saboter les projets de Trump pour le Groenland, sans en avoir les moyens, juste pour nuire à Trump et le diaboliser. Et ils font là encore, consciemment ou inconsciemment, le jeu de la Chine et nuisent à la défense du monde démocratique, des États-Unis et de l’Europe elle-même.

Ils sont dangereux pour le monde démocratique dont ils sont censés faire partie au côté des États-Unis.

Trump a nommé un envoyé spécial des États-Unis au Groenland, Jeff Landry, gouverneur de Louisiane. Son rôle sera d’expliquer aux Groenlandais les projets de Trump et ce qu’ils auront à gagner à devenir indépendants, puis habitants d’un territoire autonome rattaché aux États-Unis. On peut compter sur les quelques Européens qui sont du côté du Danemark pour continuer une propagande anti-américaine intensive au Groenland.

Macron, Merz, le Gouvernement danois disent que Trump va briser l’OTAN ? Trump n’a pas cette intention. Il a demandé aux dirigeants des pays européens membres de l’OTAN de hausser leurs dépenses militaires pour cesser d’être en position d’assistés permanents des États-Unis. S’ils veulent rompre leur alliance avec les États-Unis au nom du Groenland, on peut leur souhaiter bon courage : ce doit être rappelé sans cesse, sans l’armée américaine et sa puissance, l’Europe est quasiment sans défense (il faudrait dix ans et beaucoup d’argent pour que les pays d’Europe se dotent de moyens de défense crédibles). S’ils veulent une Europe sans défense, ils devraient le dire à leurs populations.

Trump a menacé les pays européens qui refusent ce qu’il veut de sanctions économiques, qui rentreront en vigueur le 1er février si rien ne change. Macron, Merz, le Gouvernement danois envisagent une guerre économique avec les États-Unis. La croissance de la France et de l’Allemagne est presque nulle. Elle pourrait plonger en dessous de zéro. La croissance au Danemark est un peu meilleure. Elle pourrait plonger aussi. Les autres pays de l’Union européenne suivront-ils Macron, Merz et le Gouvernement danois dans leur inepte aventure ? On le saura bientôt. En attendant, la haine anti-Trump en Europe va s’intensifier.

© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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