Comment protéger nos innocentes petites Chloé des prédateurs ?

Chloé avait 24 ans quand elle a rencontré son bourreau, elle a failli y laisser la peau, elle a perdu un oeil, a de multiples lésions neurologiques… Sa mère est effondrée, révoltée. En empathie avec elle je me suis demandé que ce que l’on peut/pourrait faire, comme parent pour éviter cela si c’est possible… On me dira que c’est sans doute plus facile d’agir pour protéger son enfant (garçon et fille, ils sont tous menacés) de 12 ou 15 ans qu’une adulte autonome, qui a le plus souvent quitté le domicile familial, sans doute, mais ce n’et pas plus simple pour autant. 

Comment faire entendre, comprendre à des gosses amoureux pour la première fois qu’il peut y avoir un prédateur, un monstre, tapi derrière le compliment, les attentions, les regards ? 

Mon bon sens à moi c’est d’abord de faire confiance à mon instinct, je ne laisserais pas sortir une ado avec un(e) autre ado que je ne connaîtrais pas. Et si  le/la connais et que je ne le/la sens pas, rencontres limitées à la maison, en ma présence. Un peu dur sans doute mais a-t-on encore le choix ? Et si je pense pouvoir faire confiance à l’autre, sorties limitées en ville pour une pizza ou un achat, en plein jour. Je pense au moins jusqu’à 15 ans. Pas de sortie seul autorisée avant. On me dira que nombre d’ados, forcément, vont seuls au collège et en reviennent et que le risque zéro n’existe pas. Mais je serais d’avis, en ces temps moyenâgeux, de laisser les enfants en étude tant que les parents ne les ont pas récupérés. Quant aux vacances, obligatoirement sous la surveillance d’un adulte ou d’un très grand frère (ou soeur). Je vous avoue que, quand mes enfants étaient ados ils avaient infiniment plus de liberté pour aller en petit groupe acheter des bonbons, manger une glace…  toujours avec des copains que je connaissais mais c’était avant. Il y a plein de choses que mes enfants ont fait il y a 40 ans, et que je ne leur laisserais pas faire actuellement. 

Certes, me direz-vous, mais le cas de Chloé qui nous occupe aujourd’hui c’est autre chose, elle avait 24 ans !!! J’imagine qu’aucun parent ou grand-parent qui me lit ne se permettrait de surveiller, interdire… quoi que ce soit à un jeune adulte. Forcément. Bien sûr je ne parle pas ici non plus de la rencontre imprévisible comme celle qu’a fait la jeune Philippine, 19 ans, rentrant de la fac. Je parle des relations toxiques qui s’installent et durent quelque temps entre vos enfants et des prédateurs, des malades mentaux, des sadiques…

Je pense qu’on ne peut rien faire sur le moment, la seule chose c’est la prévention, c’est, dès l’enfance et l’adolescence, alerter, prévenir, développer la méfiance de nos enfants, même s’ils ricanent, grognent, protestent… parlez, il en restera toujours quelque chose. 

Certes, la peur n’évite pas le danger, mais elle peut avoir un rôle bénéfique.

 

La protection commence par l’éducation et les échanges, confiants, sans tabou.

 

J’ai interrogé une IA en lui demandant de faire une synthèse de ce que l’on peut trouver comme conseils sur le net, sa réponse ci-dessous

 

Voici des conseils concrets que nous, parents, pouvons mettre en place au quotidien :

1. Parler tôt et souvent des relations saines
Dès 10-12 ans, expliquez ce qu’est une relation respectueuse : le consentement, le droit de dire non, l’absence de chantage affectif ou sexuel (« si tu m’aimes vraiment… »). Montrez que l’amour ne fait jamais mal, ne contrôle pas, n’isole pas des amis ou de la famille.

2. Apprendre à reconnaître la manipulation (grooming inclus)
Sur Internet comme dans la vraie vie, les prédateurs séduisent lentement : compliments excessifs, demandes de secrets, demandes de photos intimes, culpabilisation, isolement. Dites-leur clairement : « Si quelqu’un insiste pour des choses qui te mettent mal à l’aise, c’est un signal d’alerte. Tu peux toujours arrêter, bloquer, et venir m’en parler sans crainte de jugement. »

3. Mettre des règles claires mais justes sur les écrans
– Confidentialité maximale sur les réseaux (amis seulement, pas de géolocalisation publique).
– Pas de rendez-vous seule avec une personne rencontrée en ligne, et toujours en lieu public + prévenir un adulte.
– Téléphone et tablette plutôt dans les espaces communs le soir. Installer un contrôle parental sans être intrusif, mais en expliquant pourquoi.

4. Renforcer l’estime de soi et l’esprit critique
Une adolescente qui s’aime et se respecte est moins vulnérable à la séduction toxique. Valorisez ses qualités, encouragez ses passions, ses amitiés. Apprenez-lui à questionner : « Pourquoi cette personne me parle-t-elle autant ? Qu’est-ce qu’elle veut vraiment ? »

5. Être le refuge sans faille
La règle la plus puissante : « Quoi qu’il arrive, tu peux tout me dire. Je serai fâché contre la situation, jamais contre toi. » Beaucoup de victimes tardent à parler par peur d’être jugées ou punies. Brisez ce silence.

6. Surveiller les signaux sans paranoïa
Retrait soudain, changements d’humeur, mensonges sur ses sorties ou ses contacts, marques physiques inexpliquées, perte d’appétit ou troubles du sommeil… Posez des questions ouvertes, sans accusation.

Nous ne pouvons pas enfermer nos filles, mais nous pouvons leur donner des outils, une boussole intérieure et la certitude qu’elles ne sont jamais seules. La meilleure protection, c’est la confiance mutuelle et la parole libre.

Et les garçons ?

Oui, les garçons sont tout autant concernés, même si les formes de violence et les dynamiques peuvent différer légèrement des filles. Les statistiques montrent que les garçons représentent une part importante des victimes de violences sexuelles (souvent autour de 25-30 % dans la société générale, mais jusqu’à 80 % dans certains contextes comme les abus institutionnels). Ils sont particulièrement vulnérables au grooming en ligne (manipulation par des adultes se faisant passer pour des pairs, sextorsion, chantage après envoi d’images intimes), où les jeunes garçons sont surreprésentés dans les signalements récents.

Voici des conseils concrets adaptés pour protéger nos fils, nos petits Théo ou Léo, en complément de ceux déjà donnés pour les filles :

1. Parler tôt du corps, du respect et du consentement – sans tabou
Dès 8-10 ans, nommez clairement les parties du corps (y compris les organes sexuels avec les vrais mots). Expliquez que personne n’a le droit de toucher leur corps sans leur accord, même un adulte « gentil » ou un « ami en ligne ». Insistez : le secret demandé par quelqu’un est presque toujours un mauvais signe. L’amour ou l’amitié ne demandent jamais de cacher des choses à ses parents.

2. Sensibiliser spécifiquement au grooming et à la sextorsion
Les prédateurs en ligne ciblent souvent les garçons en se faisant passer pour des filles de leur âge. Dites-leur sans détour :
– « Si quelqu’un que tu ne connais pas vraiment te demande des photos ou vidéos intimes, même “juste pour rigoler” ou “pour te prouver que tu es courageux”, c’est un piège. Bloque immédiatement et viens m’en parler. »
– « Même si tu as déjà envoyé quelque chose par erreur, tu n’es pas en faute : le fautif, c’est celui qui te menace ou te fait chanter. On ira ensemble porter plainte si besoin. »

Rappelez que la sextorsion touche majoritairement les garçons adolescents (souvent 14-17 ans) et peut mener à des drames graves.

3. Règles strictes et expliquées sur les réseaux et jeux en ligne
Pas de messagerie privée avec des inconnus (même dans Fortnite, Roblox, Discord…).
Caméra et micro désactivés par défaut dans les jeux multijoueurs.
– Profil ultra-verrouillé : pas de photo de visage publique, pas de localisation, pseudo neutre.
Téléphone/ordinateur dans les espaces communs le soir. Expliquez que c’est pour les protéger, pas pour les espionner.

4. Renforcer l’estime de soi et déconstruire les idées toxiques
Beaucoup de garçons se sentent obligés de « prouver » leur virilité ou leur courage. Dites-leur : « Dire non, refuser une demande qui te met mal à l’aise, bloquer quelqu’un, c’est être fort, pas faible. » Valorisez l’intelligence émotionnelle, le respect de soi et des autres, loin des stéréotypes macho.

5. Être le parent « safe » – la règle d’or reste la même
« Quoi qu’il arrive, même si tu as fait une bêtise ou eu honte, tu peux tout me dire sans que je te juge ou te punisse. Je m’occuperai de la situation avec toi. »
Les garçons parlent encore moins que les filles par peur du ridicule ou de la honte (« un garçon ça ne se laisse pas faire »). Brisez ce mur.

6. Surveiller les signaux discrets
Isolement soudain, colère inhabituelle, anxiété quand le téléphone sonne, suppression frénétique d’applications, troubles du sommeil, chute des résultats scolaires… Posez des questions ouvertes : « Ça va avec tes potes en ligne ? Il s’est passé un truc bizarre récemment ? »

La protection des garçons repose sur la même base que pour les filles : parole libre, confiance absolue, éducation au respect de soi et aux dangers numériques. Mais il faut adapter le discours à leurs réalités (plus de sextorsion, moins de reconnaissance des violences subies). On ne les surprotège pas en les infantilisant, on les arme en les informant sans peur ni culpabilisation.

 

 

 

 210 total views,  210 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter