Pourquoi Trump n’a pas encore frappé l’Iran

La décision avait été prise. Les frappes américaines contre le régime des mollahs en Iran devaient avoir lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Elles n’ont pas eu lieu. Elles auront peut-être lieu plus tard. Je l’ai écrit : le régime des mollahs doit tomber.

Ce qui a changé et poussé Trump à renoncer a été une demande de Binyamin Netanyahou, qui a dit à Trump qu’Israël n’était pas encore prêt à faire face à des tirs iraniens qui risquaient d’être massifs. C’est un fait qu’au cours de la guerre de douze jours, quand bien même l’Iran a été frappé très durement, Israël a subi plus de destructions qu’anticipé, et le Dôme de fer israélien n’a, hélas, pas pu arrêter tous les missiles.

Ce qui a changé aussi est l’attitude de pays arabes censés être alliés des États-Unis, qui ont soudain énoncé leur hostilité aux frappes. Le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Égypte et l’émirat d’Oman ont interdit à l’armée américaine de pénétrer leur espace aérien. La Turquie a elle aussi énoncé son hostilité aux frappes.

Trump ne pouvait passer outre. La principale base aérienne américaine dans la région est au Qatar, et faire s’envoler des avions depuis cette base aurait violé la décision du Qatar. Trump aurait pu passer outre, mais dès lors que l’Arabie Saoudite, l’Égypte et l’émirat d’Oman ont pris la même décision, les choses sont devenues plus complexes. Passer outre aurait eu des répercussions diplomatiques avec l’Arabie Saoudite, l’Égypte et l’émirat d’Oman, ce qui, dans un contexte ou Trump veut avancer vers des accords d’Abraham approfondis et élargis aurait été négatif. Ce qui vient de se passer va impliquer des éclaircissements et des réévaluations diplomatiques.

Les États-Unis doivent ils garder une base au Qatar dans ces conditions ? Les Émirats Arabes Unis sont un bien meilleur allié des États-Unis que le Qatar. L’attitude de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte et de l’émirat d’Oman a-t-elle été dictée par la peur de recevoir des missiles iraniens ou par d’autres considérations ? Le régime des mollahs ne menace pas qu’Israël dans la région. Il menace aussi les pays arabes sunnites. Quelles raisons autres que la peur pourraient guider des pays arabes sunnites à réagir ainsi ? L’effondrement du régime des mollahs ferait-elle courir d’autres risques à la région ? Trump avait renoncé à ce que la guerre des douze jours dure plus longtemps en pensant que les conditions n’étaient pas remplies pour que le régime tombe. En janvier 2026, ces conditions semblent remplies.

Au moment de la guerre des douze jours, ni la Russie ni la Chine n’avaient bouge. Cette fois encore, ni la Russie ni la Chine n’ont bougé. La Chine a tout juste donné aux mollahs les moyens d’empêcher l’accès des Iraniens à internet, et même, pour l’essentiel, au réseau Starlink, qu’Elon Musk a mis à la disposition des Iraniens (ce qui a permis a des images de passer, malgré tout).

Trump va-t-il envisager des frappes ultérieurement ? Il a envoyé au régime des mollahs un message disant que si la répression s’arrêtait et si aucune exécution n’avait lieu, il suspendait sa volonté de frapper, et pour l’heure, la répression semble avoir cessé et aucune exécution n’a eu lieu.

Il semble que les moyens de frapper dont les États-Unis disposaient sur place n’auraient pas nécessairement permis une frappe foudroyante empêchant totalement le régime des mollahs de répliquer. Trump a dit que s’il frappait, il faudrait une frappe foudroyante de ce type.

Il a fait aller vers le golfe arabo-persique le porte-avion Abraham Lincoln et sa flotte, ainsi qu’un sous-marin nucléaire. Est-ce pour exercer une pression maximale ou pour frapper ? Nul n’a la réponse, sauf Trump, Pete Hegseth et le général Dan Caine. Trump a montré plusieurs fois sa préférence pour des frappes foudroyantes. C’est ainsi qu’il a éliminé le général Qasem Soleimani en Irak et Abou Bakr al-Baghdadi en Syrie. C’est ainsi qu’il a enlevé Nicolas Maduro au Venezuela.

Le régime des mollahs est de toute façon en très mauvais état, et dans une position intenable qui ne peut pas durer. La pénurie d’eau s’aggrave, tout comme la pénurie d’alimentation. La monnaie iranienne ne vaut plus rien, pas même le papier sur lequel elle est imprimée. Je joins à cet article le taux de change actuel avec le dollar américain. Les membres supérieurs du régime des mollahs ont des dollars et les envoient en urgence vers des établissements financiers étrangers, ce qui est un signe de panique et de fin de règne. Les banques iraniennes sont en faillite. Les commerces restent fermés. Le régime ne peut plus exporter de pétrole. La paralysie d’internet, voulue par le régime, empêche les activités économiques au sein du pays, qui s’asphyxie davantage encore. C’est une situation effroyable pour le peuple iranien. Même les soutiens iraniens du régime (hélas, il y en a) n’ont plus d’argent et plus grand-chose à manger.

Un dénouement devra avoir lieu assez vite.  J’y reviendrai dans les jours à venir.

Dans nombre de médias français, la page est déjà presque tournée, et on parle à peine de l’Iran.

La principale préoccupation semble désormais être le Groenland. L’attitude de quelques Européens sur ce sujet (celle de Macron, de Merz et des dirigeants danois) est ridicule. Quinze soldats français vont être déployés quelques jours au Groenland, trente Danois, une douzaine d’Allemands, un ou deux Norvégiens et Néerlandais. Quelle armée redoutable cela va constituer ! Et ces mêmes Européens disent que l’OTAN est menacée, ce qui veut dire qu’ils se menacent eux-mêmes. La principale armée de l’OTAN est l’armée américaine, et de très loin. Sans la défense américaine, l’Europe est quasiment sans défense. Si les Européens susdits veulent être sans défense, ce sera leur choix. Trump a expliqué pourquoi les États-Unis veulent le Groenland. Les Européens susdits devraient retrouver la raison. Ce sera difficile, je sais.

© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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