Quelques chefs-d’oeuvre pour commencer l’année… pour croire encore en l’homme

Henri Matisse (1869-1954), La Tristesse du roi, 1952. Papiers gouachés, découpés et marouflés sur toile, 292 x 386 cm. Paris, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne. Photo service de presse. © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Philippe Migeat / dist. GrandPalaisRmn

Des Métamorphoses d’Ovide au mythe de la licorne, des fastes du baroque au siècle des Lumières, de Michel-Ange à Matisse : 20 expositions pour s’émerveiller en 2026

Entre grands maîtres, peintres impressionnistes et artistes modernes, plusieurs expositions monographiques sont particulièrement attendues cette année. Des sculptures baroques de Bernin aux gouaches découpées de Matisse, des saints de Zurbarán aux paysages de Monet, laissez-vous guider à travers les plus belles expositions de 2026 !

Les Métamorphoses au fil des siècles

En 1604, le peintre Karel van Mander qualifiait de « Bible des artistes » l’ouvrage du poète romain Publius Ovidius Naso, plus connu sous le nom d’Ovide (43 av. J.-C.-17 apr. J.-C.). Les Métamorphoses racontent, en 12 000 vers, 231 histoires de métamorphoses d’hommes et de femmes en animaux, en végétaux ou en minéraux. Les artistes y ont abondamment puisé, ces récits leur offrant une mine de situations et d’émotions pittoresques, au sens premier du terme. Associé à la Galleria Borghese, le Rijksmuseum réunira à Amsterdam 80 peintures, sculptures, céramiques, pièces d’orfèvrerie et photographies montrant la persistance de cette source d’inspiration de la Renaissance à nos jours. Grâce à de prestigieux prêts, il exposera certaines des représentations de métamorphoses les plus célèbres, de la Danaé de Titien au Narcisse de Caravage.
« Métamorphoses », du 6 février au 25 mai 2026 au Rijksmuseum, Museumstraat 1, Amsterdam (Pays-Bas). www.rijksmuseum.nl
Une version de l’exposition sera présentée du 22 juin au 30 septembre 2026 à la Galleria Borghese, à Rome.

Michelangelo Merisi, dit Caravage (1571-1610), Narcisse, 1597-1599. Huile sur toile, 113,3 x 94 cm. Rome, Palazzo Barberini. Photo service de presse. © Palazzo Barberini

Bernin et l’invention du baroque

« Une enquête sur la relation particulière entre Gian Lorenzo Bernini et Maffeo Barberini, son premier et plus décisif mécène, élu pontife en 1623 sous le nom d’Urbain VIII » : voici la promesse que nous fait l’exposition « Bernin et les Barberini », qui ouvrira dans quelques semaines au Palazzo Barberini, à Rome. Le nom du sculpteur est indissociable de celui de son principal commanditaire et de sa famille. Alors que l’on célèbre le quatrième centenaire de la consécration de la basilique Saint-Pierre de Rome, l’exposition rappellera notamment la participation de Bernin au chantier, où il réalisa non seulement le baldaquin et la majestueuse colonnade, mais aussi le nouveau plan du transept et le monument funéraire d’Urbain VIII. Elle réunira exceptionnellement des œuvres dispersées depuis des siècles, ainsi que des dessins, gravures et maquettes montrant comment Bernin a fait entrer l’art de son temps dans une nouvelle ère : celle du baroque.
« Bernin et les Barberini », du 12 février au 14 juin 2026 au Palazzo Barberini, Via delle Quattro Fontane 13, Rome (Italie). barberinicorsini.org

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Fabuleuses licornes

Prenez date : la fin de l’hiver sera marquée cette année par une exceptionnelle migration de licornes, qui feront étape pour quatre mois à Paris au musée national du Moyen Âge. Elles y rejoindront la plus célèbre d’entre elles, trônant sur la tenture de la Dame à la licorne. Des représentations retrouvées dans la vallée de l’Indus, réalisées vers 2 000 ans avant notre ère, à la sculpture de Niki de Saint Phalle, la licorne a fièrement traversé les âges. Au Moyen Âge, l’on croyait même à son existence, dans le sillage de Marco Polo, qui affirmait en avoir croisé une. Grâce à la réunion d’une centaine d’œuvres, l’exposition s’interrogera non seulement sur l’iconographie de cet animal fantastique, à travers le temps et à travers le monde, mais aussi sur ses significations symboliques, diverses et toujours renouvelées.
« Licornes ! », du 10 mars au 12 juillet 2026 au musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, 28 rue Du Sommerard, 75005 Paris. www.musee-moyenage.fr
À lire : L’Objet d’Art hors-série n° 160, 64 p., 5,50 €.

Tenture de saint Étienne, scène 8 : Le corps de saint Étienne exposé aux animaux sauvages,
Paris, vers 1500. Tapisserie, laine et soie, tissage par Guillaume de Rasse, avant 1503 ?
Paris, musée de Cluny – musée national du Moyen Âge. Photo service de presse.
© GrandPalaisRmn (musée de Cluny – musée national du Moyen Âge) / Michel Urtado

Renoir, sur toile et sur papier

Le musée d’Orsay célèbre l’un des peintres les mieux représentés dans sa collection, Pierre-Auguste Renoir, par un duo d’expositions. Étudiant le regard que porte l’artiste sur ses modèles autant que les liens unissant, sur la toile, ses personnages, l’exposition « Renoir et l’amour » s’attachera à ses deux premières décennies de création à travers ses scènes de la vie contemporaine, joyeuses et colorées, dont le fameux Bal du Moulin de la Galette qui fête cette année ses 150 ans. Elle réunira plusieurs œuvres importantes du peintre rarement montrées en France, tels Le Déjeuner des Canotiers et La Grenouillère. La deuxième exposition révélera un Renoir moins connu, dont les dessins, pastels et aquarelles furent longtemps négligés, voire dépréciés. Une centaine de feuilles seront dévoilées, offrant un autre regard sur l’art de l’impressionniste.
« Renoir et l’amour. La modernité heureuse (1865-1885) », du 17 mars au 19 juillet 2026, et « Renoir dessinateur », du 17 mars au 5 juillet 2026 au musée d’Orsay, esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris. www.musee-orsay.fr
À paraître : L’Objet d’Art hors-série n° 185, 64 p., 11 €.

Renoir Le déjeuner des canotiers
Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Le Déjeuner des Canotiers, 1880-1881. Huile sur toile, 130,2 x 175,6 cm. Washington, The Phillips Collection.
Photo Courtesy of The Phillips Collection, Washington, D.C.

Les artistes dans le miroir

« Pour se représenter soi-même, il faut essayer de se peindre comme si on était quelqu’un d’autre », affirmait Lucian Freud. Les artistes rassemblés au Petit Palais envisageaient-ils l’autoportrait de la même manière ? Puisant dans sa riche collection, le musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris explorera ce sujet, ainsi que celui de la représentation d’un artiste par l’un de ses pairs, à travers une centaine de peintures et de sculptures qui, toutes, racontent une histoire : celle d’un artiste, de son entourage, de ses admirations. Portraits posés, scènes d’ateliers, groupes d’artistes, hommages à des maîtres des siècles passés : le parcours fait le tour de la question de la seconde moitié du XIXe siècle à nos jours, de Carpeaux, Carriès, Gauguin et Rodin aux œuvres de Sophie Calle, Claire Tabouret, Françoise Pétrovitch et Nina Childress.
« Visages d’artistes, de Gustave Courbet à Annette Messager », du 18 mars au 19 juillet 2026 au Petit Palais – musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, avenue Winston Churchill, 75008 Paris. www.petitpalais.paris.fr
À paraître : L’Objet d’Art hors-série n° 184, 64 p., 11 €.

Édouard Vuillard Portrait de Pierre Bonnard
Édouard Vuillard (1868-1940), Portrait de Pierre Bonnard, entre 1930 et 1935. Peinture à la colle sur toile, 114,5 x 143 cm. Paris, musée d’Art moderne de Paris.
Photo CCO Paris Musées / musée d’Art moderne de Paris

Matisse, l’ultime feu d’artifice

En 1941, Henri Matisse a 72 ans. Après une opération qui l’affaiblit physiquement, il se sent doté d’une seconde vie, bouillonnante d’idées et d’inspirations nouvelles. Les treize années qui suivent, jusqu’à sa mort, sont celles d’un foisonnement. Réalisant ses ultimes peintures, développant le dessin, inventant la gouache découpée, imaginant des décors et vitraux, illustrant des livres, l’artiste crée sans relâche et multiplie les chefs-d’œuvre. Le Centre Pompidou, associé au Grand Palais, mettra en lumière ces années florissantes, convoquant autour d’œuvres célèbres – le livre Jazz, les Nus bleus, les Intérieurs de Vence – des œuvres moins exposées qui, toutes, esquissent le portrait d’un artiste témoignant dans son grand âge d’une extraordinaire vitalité. « Matisse 1941-1954 » est l’une des expositions les plus attendues de cette année.
« Matisse 1941-1954 », du 24 mars au 26 juillet 2026 au Grand Palais, square Jean Perrin, avenue du général Eisenhower, 75008 Paris. www.centrepompidou.fr
À paraître : Dossiers de l’Art n° 335, 80 p., 11 €.

Henri Matisse Intérieur rouge
Henri Matisse (1869-1954), Intérieur rouge, nature morte sur table bleue, 1947. Huile sur toile, 116 x 89 cm. Düsseldorf, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen. Photo service de presse.
© BPK, Berlin, dist. GrandPalaisRmn / Walter Klein

Révélations sur Rousseau

Qui était Henri Rousseau ? Cette question demeure d’actualité plus d’un siècle après sa mort, sa peinture et sa personnalité ayant rarement été étudiées en profondeur. Le musée de l’Orangerie, qui conserve plusieurs toiles de l’artiste, a organisé avec la Fondation Barnes, à Philadelphie, où elle est présentée jusqu’au 22 février, une exposition insistant sur la variété de ses créations, encore trop souvent réduites à ses jungles foisonnantes. Promu par le marchand Paul Guillaume, à qui Albert Barnes acheta dix-huit peintures, Rousseau réalisa des portraits sur commande, des décors pour des hôtels de ville, des paysages, des autoportraits… Cette monographie s’accompagnera de la présentation d’analyses scientifiques récemment menées sur les toiles du peintre, dévoilant comme jamais son processus créatif et sa technique picturale.
« Henri Rousseau. L’ambition de la peinture », du 25 mars au 20 juillet 2026 au musée de l’Orangerie, jardin des Tuileries, place de la Concorde, 75001 Paris. www.musee-orangerie.fr
À paraître : L’Objet d’Art hors-série n° 186, 64 p., 11 €.

Rousseau Charmeuse de serpents
Henri Rousseau (1844-1910), La Charmeuse de serpents, 1907. Huile sur toile, 167 x 189,5 cm. Paris, musée d’Orsay. Photo service de presse.
© musée d’Orsay, dist. GrandPalaisRMN / Patrice Schmidt

2026, l’année Monet

Claude Monet s’est éteint le 5 décembre 1926, à l’âge de 86 ans. Trois musées célébreront magnifiquement cet anniversaire à travers des expositions consacrées à un pan particulier de son œuvre. Le musée des impressionnismes Giverny ouvrira les célébrations avec un parcours dévoilant les tout premiers tableaux que Monet consacra au village normand et à ses alentours, entre 1883 et 1890. Ces huit années précèdent l’achat de la maison dans laquelle il peindra les Nymphéas. Séduit par le paysage, entre champs et fleuve, le peintre s’y installa en 1883 et parcourut la campagne en quête de motifs, du village couvert de neige aux imposantes meules de foin. Le musée Malraux, au Havre, rassemblera ensuite des œuvres peintes par Monet dans la ville de son enfance, qui fut aussi celle d’Impression, soleil levant, tableau fondateur de l’impressionnisme. À la rentrée enfin, le musée de l’Orangerie, où le public contemple depuis près d’un siècle les merveilleux Nymphéas, s’attachera aux fascinants rapports que l’œuvre de Monet entretient avec le temps.
« Avant les Nymphéas. Monet découvre Giverny, 1883-1890 », du 27 mars au 5 juillet 2026 au musée des impressionnismes Giverny, 99 rue Claude Monet, 27620 Giverny. www.mdig.fr
« Monet au Havre », du 5 juin au 27 septembre 2026 au musée d’Art moderne André Malraux, 2 boulevard Clemenceau, 76600 Le Havre. www.muma-lehavre.fr
« Monet et le temps », du 30 septembre 2026 au 29 mars 2027 au musée de l’Orangerie, jardin des Tuileries, place de la Concorde, 75001 Paris. www.musee-orangerie.fr
À voir également : « Monet, le paysage en question », du 7 février au 24 mai 2026 à l’Artizon Museum, à Tokyo (Japon). www.artizon.museum
À paraître : Dossiers de l’Art n° 336, 80 p., 11 €.

Monet Bras de Seine Giverny
Claude Monet (1840-1926), Bras de Seine à Giverny, 1885. Huile sur toile, 66 x 93 cm. Paris, musée Marmottan Monet.
Photo service de presse. © musée Marmottan Monet / Studio Christian Baraja SLB

Raphaël s’invite à New York

L’événement de l’année, au Metropolitan Museum of Art, sera une grande exposition monographique consacrée à Raphaël. Sept ans de préparation ont été nécessaires pour imaginer ce parcours riche de très nombreux prêts internationaux, dont, pour la France, le Portrait de Baldassare Castiglione du Louvre et des dessins conservés au palais des Beaux-Arts de Lille. L’ensemble de la carrière et de la production du maître de la Renaissance, à travers ses peintures, dessins, estampes et cartons de tapisserie, seront dévoilés au public, « une occasion unique de découvrir la personnalité artistique hors du commun de Raphaël à travers la puissance visuelle, la profondeur intellectuelle et la tendresse de son œuvre », affirme la commissaire de l’exposition, Carmen Bambach.
« Raphaël. Sublime poésie », du 29 mars au 28 juin 2026 au Metropolitan Museum of Art, 1000 Fifth Avenue, New York (États-Unis). www.metmuseum.org

Raphaël Madonne Alba
Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483-1520), Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste enfant dans un paysage, dit La Madonne d’Alba, vers 1509–1511. Huile sur bois transposée sur toile, D. 94,5 cm. Washington, National Gallery of Art. © NGA Images

Calder en majesté

Il y a 50 ans disparaissait Alexander Calder, sculpteur poète qui renouvela le rapport de l’œuvre à l’espace. Arrivé à Paris en 1926, il imagina d’abord une foule de personnages en fil de fer, composant Le Cirque ou réalisant des portraits stylisés de ses amis ou de personnalités. Poursuivant avec des formes abstraites, il réalisa ses premiers mobiles – terme suggéré par Marcel Duchamp – et stabiles – celui-ci par Jean Arp –, créations iconiques et souvent monumentales qui investiront, pour certaines, l’espace public. Ses œuvres trouveront durant quatre mois un écrin à leur mesure à la Fondation Louis Vuitton, qui rassemblera, grâce à la collaboration de la Fondation Calder et du Whitney Museum of Art, quelque 300 œuvres réalisées par l’artiste durant toute sa carrière.
« Calder. Rêver en équilibre », du 15 avril au 16 août 2026 à la Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris. www.fondationlouisvuitton.fr

Alexander Calder Black Widow
Alexander Calder (1898-1976), Black Widow, 1948. Tôle, fil de fer et peinture, 325,1 x 251,5 cm. São Paulo, Instituto de Arquitetos do Brasil – Departamento de São Paulo. © ADAGP, Paris 2026 / Calder Foundation, New York

Lumières sur le XVIIIe siècle

En ce premier semestre 2026, les musées français mettent à l’honneur l’art du siècle des Lumières sous toutes ses formes. Le musée des Arts décoratifs ouvre le bal avec l’évocation d’un hôtel particulier au XVIIIe siècle, du décor au mobilier, des objets usuels aux vêtements portés par ses habitants. Toujours à Paris, le Palais Galliera présentera la mode féminine d’alors grâce à son inestimable collection de costumes, accessoires de mode et textiles, et évoquera la source d’inspiration qu’elle constitua pour les siècles suivants. Indispensable complément, l’exposition du musée Cognacq-Jay interrogera la représentation de la mode féminine dans la peinture. Direction Valence ensuite, pour découvrir, à travers leurs paysages dessinés et peints, le regard que portaient Hubert Robert et Fragonard sur la nature. La saison XVIIIes’achèvera en majesté à Versailles sur les cimaises du Grand Trianon, par une évocation des jardins réalisés, entre 1750 et 1800, en rupture avec le jardin à la française et suivant le modèle anglais, où la nature, composée tel un tableau, s’affranchit de la symétrie pour devenir poétique et sauvage.
« Une journée au XVIIIe siècle, chronique d’un hôtel particulier », du 18 février au 5 juillet 2026 au musée des Arts décoratifs, 101 rue de Rivoli, 75001 Paris. madparis.fr
« Hubert Robert et Fragonard. Le sentiment de la nature », du 7 mars au 21 juin 2026 au musée de Valence – art et archéologie, 4 place des Ormeaux, 26000 Valence. www.museedevalence.fr
« Passion XVIIIe siècle », du 14 mars au 12 juillet 2026 au Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris, 10 avenue Pierre 1er de Serbie, 75116 Paris. www.palaisgalliera.paris.fr
« Révéler le féminin. Mode et apparence au XVIIIe siècle », du 25 mars au 20 septembre 2026 au musée Cognacq-Jay, 8 rue Elzévir, 75003 Paris. www.museecognacqjay.paris.fr
« Jardins des Lumières », du 5 mai au 27 septembre 2026 au Grand Trianon, jardins du château de Versailles, place d’Armes, 78000 Versailles. www.chateauversailles.fr

Belanger Abords du château de Bagatelle
Louis Belanger (1756-1816), Les Abords du pavillon de Bagatelle, 1785. Gouache sur vélin. Versailles, musée national du château de Versailles. Photo service de presse. © Château de Versailles, dist. GrandPalaisRmn / Christophe Fouin

Michel-Ange face à Rodin

« Michel-Ange fait gronder la force créatrice dans toutes les chairs vivantes », remarqua le sculpteur Auguste Rodin. Ses œuvres, elles aussi, exaltent le corps humain, sa puissance et son expressivité. Aussi le musée du Louvre a-t-il choisi de réunir ces deux artistes devenus des mythes et de mettre en lumière les liens formels et conceptuels qui les unissent au-delà des siècles. Leur vision de la nature et de l’Antiquité, leur goût commun du non finito, leur célébration de l’énergie vitale, l’héritage du premier dans les sculptures du second, seront illustrés par la confrontation inédite de marbres, bronzes, plâtres, terres cuites et dessins.
« Michel-Ange / Rodin. Corps vivants », du 15 avril au 20 juillet 2026 au musée du Louvre, 75001 Paris. www.louvre.fr
À lire : Les sculptures de Michel-Ange. Le vrai, l’incertain et le faux, éditions Faton, 528 p., 59 €.

Michel-Ange Esclave mourant
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), L’Esclave mourant (détail), 1513-1515. Marbre, H. 227 cm. Paris, département des Sculptures du musée du Louvre. Photo service de presse. © musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn / Hervé Lewandowski

Hilma af Klint : une première française

L’œuvre de la peintre suédoise Hilma af Klint (1862-1944) a été révélé au public il y a seulement 40 ans, dans l’exposition « The Spiritual in Art: Abstract painting 1890-1985 » organisée par le Los Angeles County Museum of Art. Le public ne connaissait auparavant que ce qu’elle avait bien voulu montrer : des peintures académiques, portraits ou paysages dans la lignée de son apprentissage à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm. L’exposition américaine fut plus qu’une redécouverte : ce fut une révélation et le point de départ d’une réécriture de l’histoire de l’art moderne, ses œuvres abstraites ayant précédé celles de Mondrian et de Kandinsky. Hilma af Klint avait conçu dans le plus grand secret, ne les montrant qu’à de rares initiés, de grands tableaux et de nombreux dessins inspirés par ses expériences spirituelles et son compagnonnage avec la théosophie. Ne manquez pas ce printemps la première exposition monographique française consacrée à cette artiste, organisée par le Grand Palais et le Centre Pompidou.
« Hilma af Klint », du 6 mai au 30 août 2026 au Grand Palais, square Jean Perrin, 17 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris. www.centrepompidou.fr

Hilma af Klint Jeunesse
Hilma af Klint (1862-1944), No 3, Jeunesse (Barnaaldern), Les Dix Plus Grands, group IV, 2 octobre-7 décembre 1907. 321 x 240 cm. Stockholm, the Hilma af Klint Foundation.
By courtesy of the Hilma af Klint Foundation / photo The Moderna Museet, Stockholm

Zurbarán, l’expo événement

Admirer une cinquantaine de tableaux de Francisco de Zurbarán exceptionnellement réunis ne se refuse pas. L’événement se tiendra à la National Gallery, à Londres, qui rassemble autour des œuvres de sa collection un remarquable choix de natures mortes, scènes religieuses, figures de saints et personnages mythologiques – deux tableaux de la série des douze travaux d’Hercule, réalisée pour le salon des Royaumes du palais du Buen Retiro – caractéristiques de la sobre élégance et du naturalisme du peintre espagnol. L’ensemble de sa carrière sera évoqué, ainsi que ses liens avec ses contemporains, Velázqueznotamment, qui lui permit d’obtenir certaines commandes. Si vous n’avez pas la possibilité de vous rendre à Londres, l’exposition, organisée avec le musée du Louvre, sera visible à Paris à l’automne prochain.
« Zurbarán », du 2 mai au 23 août 2026 à la National Gallery, Trafalgar Square, Londres (Grande-Bretagne). www.nationalgallery.org.uk
L’exposition sera présentée au musée du Louvre du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027.

Zurbarán Sainte Marguerite d’Antioche
Francisco de Zurbarán (1598-1664), Sainte Marguerite d’Antioche, 1630-1634. Huile sur toile, 163 x 105 cm. Londres, National Gallery. © The National Gallery

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1 Commentaire

  1. Merci Christine pour ce florilège, ça nous donne le moral et du bonheur pour espérer en l’homme et la culture occidentale est immortelle.