Le régime des mollahs fait face à des manifestations et à un soulèvement de masse. Le changement de régime au Venezuela, je l’ai souligné dans un article précédent, l’affaiblit encore, et permet d’espérer sa chute.
Pour mesurer le degré d’abomination qu’il incarne, il serait utile de rappeler son histoire. Le régime des mollahs est né après la chute du shah, grâce au retour à Téhéran de l’abominable, cruel et fanatique Rouhollah Khomeini. Et il ne faut pas l’oublier, ce retour a été voulu et aidé par deux mauvais dirigeants occidentaux : le président américain Jimmy Carter et le président français Valéry Giscard d’Estaing. Il ne faut pas l’oublier non plus : ce retour a suscité à l’époque l’enthousiasme d’un nombre important de gens de gauche.
Et ce doit être souligné : le régime des mollahs a été d’emblée un régime abject. Il s’est installé par la terreur et la violence. Des exécutions massives ont immédiatement eu lieu, et tous ceux qui avaient travaillé pour le shah ont été emprisonnés, sommairement jugés, puis tués.
L’ambassade des États-Unis a vite été attaquée et pillée, et les diplomates qui s’y trouvaient ont été pris en otage et traités de manière répugnante. Il a fallu attendre qu’un président des États-Unis digne de ce nom arrive à la Maison-Blanche, Ronald Reagan, pour qu’ils soient libérés : Ronald Reagan avait dit aux mollahs que si la libération n’avait pas lieu dès sa prise de fonction, les conséquences pour leur régime seraient écrasantes, et ils ont cédé.
Le régime n’en a pas moins continué sur sa lancée.
Khomeini a dit que son objectif primordial était l’élimination totale d’Israël, et qu’il se donnerait pour cela tous les moyens dont il pourra disposer, et c’est resté l’objectif primordial du régime. C’est un régime à but génocidaire.
Khomeini a repris à son compte le programme nucléaire iranien lancé sous le shah à des fins pacifiques et lui a donné un objectif militaire : la mise au point d’une arme atomique permettant au régime de se sanctuariser. C’est un régime qui a voulu se sanctuariser pour commettre des crimes atroces sans en subir les conséquences.
Il a, en parallèle, formé au Liban une organisation terroriste islamique chiite anti-israélienne, le Hezbollah, né en 1982, et peu à peu le Hezbollah est parvenu à asseoir son emprise sur le pays, avec la coopération du régime dictatorial de Hafez el-Assad en Syrie (régime qui s’est lui-même graduellement inféodé au régime des mollahs). Et c’est le Hezbollah tout juste né qui a fait perpétrer les attentats qui ont, le 23 octobre 1983, frappé à Beyrouth des troupes américaines et françaises envoyées pour tenter de rétablir la paix dans un pays rongé par la guerre civile. Le régime des mollahs est largement responsable de la destruction du Liban et a du sang français et américain sur ses mains très sales.
Le régime des mollahs a ensuite commencé à financer le Hamas, quasiment dès la création de celui-ci en 1987 et à financer aussi le Djihad Islamique Palestinien. Le régime des mollahs est donc responsable d’une part importante du terrorisme anti-israélien, qui a tué et mutilé des centaines de Juifs israéliens, souvent des enfants.
Ali Khamenei a succédé à Khomeini en 1989, et est aussi abominable, cruel et fanatique que lui.
Les présidents américains successifs ont traité le régime des mollahs comme un régime hostile et l’ont endigué.
Tout a changé avec l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, qui a voulu un accord avec le régime et l’accord, passé en juillet 2015 (et signé aussi par les principaux pays européens et deux puissances alliées du régime, la Russie et la Chine), était censé empêcher le régime de continuer à avancer vers l’arme atomique, mais n’a rien empêché du tout et a au contraire permis au régime d’empocher des milliards de dollars aussitôt utilisés par lui pour financer Hezbollah, Hamas, Djihad Islamique palestinien et les milices Houthies, nées au Yémen à la fin des années 1990.
Grâce à Obama, le régime des mollahs est devenu fin 2015 le principal financier mondial du terrorisme islamique.
Trump a mis fin à tout cela en sortant de l’accord et en sanctionnant le régime, ce qui a conduit celui-ci vers l’asphyxie.
L’administration Biden a sauvé le régime, s’est efforcée de renouer avec lui et lui a permis de toucher des milliards supplémentaires, et le financement du terrorisme, interrompu sous Trump, a repris.
Grâce à l’administration Biden, des attentats atroces en Israël ont pu être perpétrés, l’atroce massacre antisémite du 7 octobre 2023 a pu avoir lieu, la guerre menée par Israël contre le Hamas, puis contre le Hezbollah et les milices Houthies a dû avoir lieu.
Après le retour de Trump au pouvoir, Israël a pu mener la guerre contre le régime des mollahs lui-même, et les chefs de l’armée et ceux des Gardiens de la Révolution (la milice islamique du régime) ont été éliminés, les stocks de missiles du régime ont été largement détruits, et Trump a fait détruire par l’armée américaine les trois sites nucléaires du régime. Trump a également rétabli, dès le début de 2025, les sanctions qu’il avait imposées au régime en 2018, et l’asphyxie du régime a repris.
Aujourd’hui, la population iranienne, que le régime a condamné à la pénurie, à la misère, au manque d’eau (le système d’alimentation en eau de la ville de Téhéran, dix millions d’habitants, est hors d’usage) montre sa colère et son désespoir. Elle n’a pas peur car elle n’a plus rien à perdre. Elle a subi 47 années de répression et d’atrocités.
Le soulèvement du peuple iranien n’est pas réprimé au degré où l’ont été les soulèvements précédents, cela pour une raison précise : les soldats, les membres des Gardiens de la Révolution (et ceux de leur branche chargée de semer la terreur dans la population, le Bassij), ne sont plus rémunérés. Les caisses des mollahs sont vides. Et cela pourrait tout changer.
Donald Trump a dit, en supplément, que si la répression s’abattait sur la population iranienne, les États-Unis interviendraient avec une extrême fermeté, et après ce qui vient d’arriver à Maduro, cela pourrait donner à Ali Khameinei l’occasion de réfléchir.
Et il réfléchit. Des communications interceptées par les services de renseignement permettent de savoir que Khamenei a établi des plans pour s’enfuir et quitter le pays avec vingt de ses proches et partir à Moscou, comme l’a fait avant lui Bachar al-Assad en décembre 2024.
Si le régime tombait, et ce n’est pas impossible, ce serait, bien au-delà du régime des mollahs, une défaite pour le terrorisme islamique, mais aussi et surtout pour la Chine, qui a beaucoup misé sur le régime, qui achète le pétrole iranien aux mollahs, leur fournit du matériel militaire et a passé des accords stratégiques avec eux (après la défaite de la Chine au Venezuela, cela s’ajouterait).
Si le régime tombait, ce serait, bien sûr, une victoire pour Donald Trump, qui s’ajouterait à sa victoire au Venezuela. Trump savait en juin dernier, lors de la guerre de douze jours, que les conditions n’étaient pas réunies pour que le régime tombe, mais il pensait que le régime, asphyxié, pourrait tomber un peu plus tard tant il serait affaibli. Nous sommes dans cet espoir un peu plus tard.
Si le régime tombait, ce serait une victoire pour Israël, car le régime des mollahs est son pire ennemi depuis presque cinq décennies.
Ce serait une victoire pour les pays du monde arabe sunnite, dont le régime des mollahs est aussi l’ennemi.
Ce serait une étape majeure vers les accords d’Abraham élargis et approfondis que veulent Trump et Netanyahu.
Ce serait une victoire, cela va de soi, pour le peuple iranien qui retrouverait la liberté et aurait un espoir que l’Iran se redresse.
Les manifestants crient « mort au tyran » et « mort au dictateur » et visent nommément Ali Khamenei. Ils appellent aussi, ce qui n’est pas dit en Europe, à un retour de la monarchie en criant Javid Shah (vive le shah), et Reza Pahlavi, fils du dernier shah, a dit qu’il était prêt pour ce retour et pour que l’Iran redevienne une monarchie constitutionnelle (ce qu’était l’Iran au temps du dernier shah, et je tiens à le dire : la Savak ne s’en prenait qu’aux communistes et aux islamistes, et le faisait insuffisamment, sans quoi il n’y aurait pas eu la prise de pouvoir par Khomeini). J’ai connu l’Iran avant 1979, et c’était un pays ami des États-Unis et d’Israël et en route vers le dynamisme économique, et un pays où (si l’on n’était ni communiste ni islamiste) on pouvait parler et aller et venir librement. J’en parle dans le livre que j’ai consacré à la vie de mon ami Fereydoun Hoveyda, qui fut ambassadeur de l’Iran aux Nations Unies au temps du shah, Mille et une vies1. (Le frère de Fereydoun, Amir-Abbas a été premier ministre du shah de 1965 à 1977 et a été fusillé sur ordre de Khomeini en avril 1979, et c’était comme son frère, un homme d’une immense qualité : Christine Ockrent était allée l’interviewer de manière insultante dans sa cellule peu de temps avant son procès expéditif et son exécution, et s’était placée au service du régime khomeiniste, ce qui a été odieux et impardonnable.)
Donald Trump soutient le peuple iranien, mais, je le souligne, ce n’est pas le cas des gouvernements d’Europe, qui restent très silencieux, et ce n’est pas du tout le cas de la gauche occidentale, toujours prête à soutenir le terrorisme palestinien et à montrer sa haine envers Israël, mais, à l’évidence, pas du tout prête à se placer du côté du peuple iranien, ce qui en dit très long sur ce que sont ses délétères penchants qui, semble-t-il, sont les mêmes qu’en 1979.
Nul ne peut savoir en cet instant si le régime tombera ou s’il survivra, mais il importe d’espérer qu’il tombera et de faire, autant que faire se peut, tout pour qu’il tombe.
© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.
Mille et une vies
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Il paraît qu’il y a des logements vides à Neauphle le Château !
Normalement, OUI !!!
Si les mollahs mollissent, ce n’est pas la fin de la tyrannie.
pourquoi Trump n envoi pas un missile sur ce régime pour en finir ?
espérons le !
Ce n’est pas parce que Maduro est au trou que le régime est tombé.
On voudra bien noter que ce régime , au tout départ, était une alliance marxistes-islamistes en 1979. La suite, on la devine : face au rouleau compresseur de l’Islam, les marxistes (avec les moudjhahidins du Peuple) furent rapidement éliminés.Marx ou Allah, il fallait choisir et ce choix fut fait rapidos par Khomeyni.Les gauchos furent fusillés, pendus ou, dans le meilleur des cas, comme les moudjahidins du Peuple, contraints de s’exiler.
Pourquoi, je raconte tout celà ? C’est parce que LFI ferait bien d’y réfléchir à 2 fois avant de copiner avec l’ Islam et croire à la lune de miel qui généralement d’ailleurs ne dure qu un temps.