Fête et tradition : l’Epiphanie., une fête aux origines pas trop catholiques

 

Bonjour les amis !

Alors, vous allez me dire :  » il est en retard celui là,  l’Epiphanie c’était le quatre janvier « ! Et bien oui et non ! Quand elle n’est pas considérée comme un jour férié,  elle est  fêtée le deuxième dimanche après Noël,  et cela depuis 1802 par un décret du cardinal Caprara , légat du pape Pie VIII. Partout ailleurs et sur les calendriers, c’est bien le 6 janvier.

Il est coutumier de fêter les rois, le jour de l’Epiphanie en souvenir de l’hommage que les rois Melchior,  Gaspard et Balthazar  auraient rendu à Jésus qui venait de naître dans une étable à Bethléem. j’ai utilisé le conditionnel, car cet épisode divise encore de nos jours les autorités ecclésiastiques.

Donc, nos fameux rois « mages « ,  guidés par une étoile vinrent apporter des présents symboliques de la royauté : la myrrhe, l’encens et l’or. il est à noter que le mot « mage » definit un officiant de la religion Zoroastrienne, les mots magicien et magique trouvent d’ailleurs là,  leurs origines.

La tradition veut que ce jour là, on tire les rois, cela consiste à partager une galette où l’on a placé une fève,  celui qui la trouve devient roi et l’on pose une couronne sur sa tête. C’est d’ailleurs ce qui arriva dans la quatorzième année de notre petit, petit micron rouge, bien connu de nos lecteurs,  quand il découvrit la fève sur Brisjet, ou Bribri, pour les intimes, et devint roi d’un jour, jour combien mémorable, car la folie des grandeurs le prit, et marqué pour l’éternité il devint le dictateur psychopathe que l’on connaît aujourd’hui.

Mais d’où vient cette coutume du partage de la galette ? Et bien, ce n’est pas très catholique.  Ce sont les Romains qui, lors des fêtes de Saturne invitaient des esclaves à partager une galette de beurre où l’on avait introduit une fève, le plus jeune était placé sous la table et décidait de l’ordre dans lesquels les parts devaient être distribués. Celui qui la découvrait, devenait Prince pour un jour et une nuit et pouvait demander ce qu’il voulait,  l’histoire ne dit pas si la liberté faisait partie des demandes.

La galette, telle qu’on la connaît aujourd’hui, aurait ses origines dans les hauts de France,  plus précisément à Amiens, et oui encore Amiens ! Mais Pas à la maison Trogneugneux ! C’est Robert II de Fouilloy évêque d’Amiens qui en parle le premier en 1311. C’était alors un gâteau  » feuillé  » sans fourrage. C’est depuis le nord de la région que la tradition de la pâte feuilletée s’est répandue au fil du temps. À Dunkerque, c’est une brioche fourrée d’une crème mousseline aromatisée au rhum. À Amiens, on la préfère parfois sous la forme d’une Thuirinoise, sorte de brioche feuilletée à la crème d’amande surmontée de fruits confits… Plus généralement, c’est une galette beurrée à la frangipane ou, dans le sud de la France, un pain levé à la fleur d’oranger.  Toutes présentent néanmoins deux points communs : elles contiennent une fève et sont ornées d’une couronne.

Plus tard, vers le moyen âge,  la fève naturelle fut remplacée par une copie en céramique car il était alors d’usage de  » payer son coup  » S’il on avait trouvé la fève,  pour ne pas payer, le radin l’avalait !

Alors, quelle que soit la tradition à laquelle on se réfère, il n’y a aucune raison de s’en priver ! Ayant fini ma carrière dans la boulangerie,  je peux affirmer que c’est vraiment le produit convivial par excellence qui met tout le monde d’accord ! Elle se déguste tout au long du mois de janvier. Et pourquoi pas l’accompagner par la musique de notre genie  national : Marc Antoine Charpentier  » motet H 395 Pour la fête de l’Epiphanie.  » interprété ici,  par : Jordi Savall, Maria Cristina Kiehr, Montserrat Figueras et Gerard Lesne.

Bonne dégustation et que vive la tradition

Bonne journée à vous tous !

Le chti français. 

Illustrations :

En-tête : l’adoration des rois mages par Matthias Stom. ( Vers  1600 – 1650 )

Au milieu : Les Saturnales par Antoine Callet ( 1783)

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5 Commentaires

  1. Ah, bon ?
    Le Robert · épiphanie nom féminin
    1.Fête catholique qui commémore la manifestation de Jésus enfant aux Rois mages venus l’adorer. »
    On mange la galette des Rois le jour de l’Épiphanie (jour des Rois).

  2. Joyeuses saturnales et fêtes du solstice d’hiver à tout nos compatriotes païens et athées.
    J’espère que vous avez pratiqué moults libations et sacrifices d’animaux (chapon, dinde, pintade…) pour honorer les dieux. Grâce à Prométhée qui a berner les dieux pour nous fournir le feu et n’accorder aux dieux que les parties non comestible des animaux sacrifiés nous ne devrions manquer ni de chaleur ni de viande. Hélas l’effeminé qui se prend pour Jupiter veut nous enlever ce pourquoi le titan prévoyant a sacrifier sa liberté et son foie.
    Manger et se chauffer n’est plus juste un besoin primaire c’est un acte de résistance et de dévotion aux dieux

  3. La galette, très vieille tradition donc.
    Les fêtes catholiques se sont souvent greffées sur des fêtes religieuses ou païennes antérieures, afin de mieux se fondre dans le corps social et être acceptées par la population.
    En tout cas, une bien belle tradi qui permet de faire la fête en famille, au boulot ou entre amis, tout au long du mois de janvier.

  4. Je connais une autre galette, celle que l’on planquée sous son matelas dans un bas de laine. Merci au chti français pour cet article frangipanesque. J’évite cette pâtisserie vu que j’ai avalé la fève un jour. Je ne l’ai pas retrouvée à la sortie. Mystère.

    • Ne cherche pas! Mon ami, la fève a sans doute été dissoute avec le sauternes du château d’Yquem de 1982 que tu as bu pour faire passer la galette, qui comme on le sait, colle souvent au palais. Aucune inquiétude donc, inutile de passer la radio France infaux!.