Il était une fois, de trop hélas, un vilain petit roi, un roitelet plutôt, qui, pour sauver son trône au lieu de redresser le royaume et faire le bonheur de ses sujets, rêvait de faire la guerre. Il était influencé en ce sens par des généraux cacochymes et pituiteux. » Voyez, Sire, il y aurait grand avantage à le faire, ainsi vos sujets oublieraient les difficultés présentes« , lui disaient-ils. D’autres de ces capitaines de guerre, lui faisaient miroiter la gloire qu’il pourrait en tirer. Ces propos tournaient en continu dans sa misérable caboche. De plus, son épouse, la vieille reine, le poussa à prendre cette décision.
Un beau matin, il se décida : il irait corriger le royaume de l’Est, qui s’était porté au secours de ses ressortissants tyrannisés par un nain vindicatif et corrompu. Il se mettrait lui-même à la tête de ses troupes pour s’en aller corriger l’insolent. Ce Picrochole moderne ne doutait pas de sa victoire.
Un beau matin, l’armée s’ébranla, avec en tête le très belliqueux souverain dans un camping-car tout confort, de couleur kaki vu les circonstances. Il y eut de nombreuses pannes du matériel quelque peu obsolète dont disposaient les forces armées. Notre chef de guerre pensait que son cortège martial attirerait des foules sur son passage. Il n’en était rien. Ah si, un pauvre innocent avait applaudi à tout rompre, croyant que c’était un rallye automobile qui passait par là.
De pannes en pannes, l’expédition avait fini par parvenir à la frontière du pays qu’elle devait conquérir. Les militaires établirent un bivouac pour la nuit. Tout ce petit monde s’endormit.
Se réveillant , notre petit roi consulta son réveille-matin. Il était neuf heures, et son fidèle valet de chambre ne lui avait pas encore apporté son petit-déjeuner. De méchante humeur, il ouvrit la porte de son véhicule de commandement. Surprise ! Plus personne, la troupe s’était envolée. Il crut que les militaires l’avaient précédé sans l’avoir averti. Un message tagué sur le flanc de son camping-car anéantit cet espoir, message qui disait ceci en substance : » On en a plein les rangers, on rentre chez mémé. »
Une patrouille ennemie le fit prisonnier. On l’emmena à la capitale. Les autorités, ne sachant qu’en faire, décidèrent de le restituer à ses sujets contre rançon. La vieille reine lança une souscription publique pour réunir la somme. Elle n’eut aucun succès : juste une poignée de petites pièces, un jambon avarié, et trois bonbons qu’un enfant avait dû sucer avant de les envoyer.
Finalement, ne pouvant rien en tirer, les autorités ennemies l’expédièrent dans une colonie pénitentiaire la plus au nord du pays. Il fut condamné à piler la glace destinée à rafraîchir les cocktails servis au mess des officiers de la garnison. Par un froid polaire. Les soldats le surnommèrent le général Glaçon.
Quant à la reine, elle fut chassée du palais. Tous ses biens saisis. Pour survivre, elle s’essaya quelque temps à la galanterie, où elle ne rencontra guère de succès. On pourrait s’en étonner. Elle finit dame pipi dans un cabaret de second ordre, où elle dut essuyer la chose dont elle et son époux qualifiaient le peuple du temps de leur splendeur. Grandeur et décadence.
FIN
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mon idée : ego enflé ; il reve de devenir president de l’Europe et pour que ce soit accepté par les Allemands ,il affaiblit la France…. dette ,desindustrialisation, mercosur etc,,,,
Bonjour,
Merci pour ce joli conte mais je ne vois vraiment pas de qui il parle :=)
À Sainte Hélène, lui et son rombière.
Un conte délicieusement acide, où la dérision se mêle à la juste punition.
On rêve de la chute de ces marionnettes royales !
Bonjour cher ami Argo, en voilà une jolie histoire ! Si je peux me permettre une petite suite : la reine, par trop humiliée de devoir nettoyer les latrines du bas peuple, s’ecria dans un accès de colère : « qu’on leur coupe la b..e ! », c’est un peu vulgaire, j’en conviens, mais ça donne à l’histoire un côté » lavis corolle » 🤣🤣🤣 bonne journée.