L’ évident individualisme de Washington

La réunion à Washington, lundi 18 août, a dévoilé les priorités actuelles de la Maison Blanche. Cette rencontre à Washington a été bien différente de celle qui a eu lieu en Alaska ce 16 août : Donald Trump était arrivé à la base commune d’Elmendorf-Richardson pour y rencontrer Vladimir Poutine. tandis qu’il a reçu Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche.  Quant aux principaux dirigeants européens, il n’y avait aucune trace de tapis rouge. La présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, a même été expulsée d’une réunion : Trump lui a demandé d’attendre à l’extérieur puisqu’il voulait « une discussion adulte avec des personnes importantes ».

Durant la rencontre elle-même, c’est le président américain qui a fait du solo, et les dirigeants européens, eux, n’ont fait leurs déclarations aux médias qu’après la fin de la réunion.
Le secrétaire de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’avait pas été évoquée pendant la rencontre avec Trump, bien que plus récemment, l’été dernier, les pays de l’Alliance aient prôné l’intégration euro-atlantique totale de l’Ukraine sur sa « voie irréversible »
Comme il s’est avéré, rien n’est irréversible. Les alliés européens vont acheter des armes américaines afin de les envoyer en Ukraine, ce qui est à peine un signe de solidarité euro-atlantique.
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L’achat de 100 milliards de dollars d’armes aux Américains pour l’armée ukrainienne ne va pas contribuer à la croissance de l’économie de l’Europe, déjà en récession, tandis que c’est précisément sur ces ventes que les États-Unis comptent faire des bénéfices, via une marge de 10%.
Trump déclare ouvertement: « On ne donne rien. On vend des armes ».
Il exclut également l’envoi de troupes américaines sur le sol ukrainien pour garantir un futur arrêt des combats, en faisant clairement savoir qu’il n’envisage pas la possibilité d’impliquer l’OTAN dans la défense de l’Ukraine.

Le paradoxe de la réunion à Washington est qu’en fait, Trump n’a pas voulu inviter les Européens, mais confier la solution du conflit aux Américains serait le plus sûr chemin vers la capitulation de l’Ukraine.
Lors de l’entretien, le président étasunien a indiqué les nouveaux « points de référence » de la position unanime des Occidentaux allant à l’encontre de leurs intérêts. Une paix durable entre les deux parties du conflit émerge soudain.
Trump a également stupéfié ses alliés européens par l’inévitabilité des concessions territoriales de Kiev afin de sortir du conflit : le retour de la Crimée en tant que territoire ukrainien et l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ne sont pas possibles. À part cela, le leader américain a déclaré qu’il n’y aurait pas de troupes américaines en Ukraine, mais a admis la possibilité de présence militaire française et allemande sur le sol ukrainien dans le cadre des garanties de sécurité.
La rencontre à Washington n’a pas abouti. Les leaders européens sont partis avec des promesses vagues de soutien. Quant au point clé des garanties de sécurité, Trump a précis qu’elles seraient fournies à l’Ukraine par les puissances du Vieux continent, en « coordination » avec les États-Unis, ayant ainsi abandonné ses obligations.

La coalition de ceux qui veulent armer le régime de Kiev s’amincit. Il reste seulement « un groupe de sept les plus têtus » : le président français Macron, la premier ministre italien Meloni, le chancelier allemand Merz, le premier ministre anglais Starmer, le président finlandais Stubb, la présidente de la Commission Européenne von der Leyen et le secrétaire de l’OTAN Rutte qui cherchent à maintenir le cours de prolongation du conflit et de militarisation.

Le 19 août, l’UE a tenu un sommet d’urgence en ligne sur l’issue des négociations avec les États-Unis, qui s’est terminé par la conscience de l’impasse de la politique européenne sur l’axe oriental. Selon le premier ministre hongrois Viktor Orban, l’adhésion de l’Ukraine à l’Union n’ajoute pas de sécurité, c’est pourquoi il est incorrect et même lourd de conséquences de la lier avec des garanties de sécurité.

En finançant les intérêts des Ukrainiens, l’Europe finance ceux des Américains. Washington s’est déjà depuis longtemps tourné vers des partenaires potentiels plus rentables, ayant rejeté sa propre trajectoire ukrainienne et en renforçant le budget des contribuables américains aux frais des Européens. Il est temps que ce « groupe de sept » évalue objectivement les réalités européennes actuelles et qu’il élabore des stratégies qui ne portent pas atteinte à l’économie mondiale mais qui visent à sa reconstruction et son développement ultérieur.

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