Les alliances mondiales se réorganisent et ce n’est pas au bénéfice de l’Europe

L’Amérique de Trump est plus forte que jamais. Mais elle est seule. Ses alliés se sont éloignés. Pour diverses raisons. Le particularisme culturel pour le Canada et la fierté nationale pour les Latinos. Les uns comme les autres ne veulent plus dépendre de Washington. Plutôt la ruine et la misère que la vassalisation. Quant à l’Europe déconfite, elle pousse son chant du cygne en s’obstinant à menacer la Russie. Un conflit auquel les Ricains refusent de participer.

L’Ordre Mondial Nouveau découlant des BRICS passe par Moscou, Pékin et New Delhi. Et une vingtaine d’autres pays de moindre importance. Mais dont l’union fait la force.

En diabolisant Poutine, et en prétendant ruiner la Russie, pour aider un nabot psychopathe, dictateur d’un pays ruiné autant par la corruption que par la guerre, les Européens, les Canadiens et les Australiens ont fait le mauvais choix. Celui des losers qui se retrouvent dans le mauvais camp. Sans grande chance de remonter en première division. Je dirais bien fait pour leurs gueules, si les Français n’en subissaient pas les conséquences au quotidien.

Les BRICS, à présent au nombre de dix, comptaient au premier janvier 2025 la moitié de la population mondiale et 35% du PIB planétaire, représentant l’activité économique de production, hors les réserves en matières premières, dont on sait qu’elles sont supérieures à celles du reste du monde pour les trois premiers de la classe.

Les règles de fonctionnement de l’économie impliquent forcément des échanges avec les pays encore assujettis au roi dollar, et l’emploi de cette unité monétaire par les BRICS, avec d’autres devises. Mais cela ne suffit plus pour garantir la supériorité de la coalition du G7 dont on voit sur la carte du monde que leur domination s’est effritée, leur PIB tombant autour de 40%. Tandis qu’une ribambelle de pays de moyenne importance se pressent au portillon pour adhérer aux BRICS.

En 16 ans, les BRICS ont bien progressé. Mais surtout ils ont associé à leur croissance économique des alliances politico-militaires, que les stratèges à courte vue n’ont pas vu venir.

Plus de 20 dirigeants internationaux devraient se réunir en Chine, la semaine prochaine, à l’invitation du président Xi Jinping pour participer à un forum sur la sécurité régionale. Qui devrait être une démonstration de solidarité des pays dits « du Sud » face à un ordre mondial décadent que l’Amérique ne peut plus porter seule à bout de bras.

Outre les présidents russe, indien et chinois, des dirigeants d’Asie centrale, du Moyen-Orient, d’Asie du Sud et du Sud-Est devraient assister au sommet de l’OCS Organisation de coopération de Shanghai, qui se tiendra dans la ville portuaire de Tianjin, les 31 août et 1er septembre.

L’OCS a pour vocation d’assurer la sécurité collective de ses adhérents face aux menaces de l’impérialisme, du terrorisme, et du séparatisme. Façon pudique de désigner les islamistes, sans vexer personne, puisque des républiques coraniques sont aussi participantes. Le cul entre deux chaises. Quand elles encensent leur belle religion, tout en zigouillant les croyants les plus fanatiques.

La Chine et la Russie sont à l’origine de cette entente qui formalise un rapprochement géostratégique régional au départ. Un cadre étendu ensuite, au delà, depuis la guerre en Ukraine. L’OCS qui fut un des fers de lance de la géopolitique russe vers l’Asie dès 1996, a vu son importance amplifiée par Poutine depuis que ses relations avec les Occidentaux se sont détériorées. Une aubaine pour l’Inde qui voulait accroître ses échanges avec Moscou et faire la paix avec Pékin.

Le Premier ministre Narendra Modi sera présent au sommet de Tianjin, pour sa première visite en Chine depuis 2018. Les deux pays sont d’accord pour désamorcer les tensions provoquées par des affrontements frontaliers en 2020. La semaine dernière, des diplomates russes en poste à New Delhi ont déclaré que Moscou œuvrait à des négociations trilatérales avec la Chine et l’Inde, pour finaliser les discussions entre Narendra Modi, Xi Jinping et Vladimir Poutine, l’année dernière, au sommet des BRICS à Kazan, en Russie.

Tandis que les dirigeants occidentaux tournent le dos au président russe à cause de la guerre en Ukraine, la contre-alliance eurasiatique se renforce. Avec déjà pour résultat tangible l’échec des embargos et autres mesures de chantage anti russes. Comme je ne peux croire que les chefs d’État de l’Eurocrature sont tous des crétins, leur obstination à refuser de tenir compte des nouvelles données géostratégiques ne s’explique que par leur cynisme. Qu’importe si leurs pays s’effondrent, du moment qu’ils conservent leurs rentes. Provisoirement.

Xi Jinping voudrait profiter du sommet pour montrer à quoi pourrait ressembler un ordre international nouveau, post-américain, BRICS + OCS. Puisque que tous les efforts de la Maison blanche pour contrer la Chine, la Russie et l’Inde, n’ont pas eu l’effet escompté.

Le président Trump feint de ne pas s’en inquiéter, mais il a nommé dès son retour à la Maison Blanche, un pool d’économistes et de financiers pour évaluer les risques et trouver des parades. Personne n’a oublié à Washington que Goldman Sachs avait alerté dès 2009 sur le fort potentiel de concurrence pour les USA que représentait ce nouveau regroupement, alors à ses débuts.

« Le sommet de l’OCS de cette année sera le plus important depuis la création de l’organisation en 2001 » a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères. Il a qualifié l’OCS de « bloc de forces importantes dans la construction d’un nouveau type de relations internationales.»

L’organisation regroupait six pays à l’origine, avant de s’élargir à une dizaine de membres permanents et 16 nations associées. Dans le même temps, le champ d’action de l’OCS s’est déplacé des ententes militaires défensives à la coopération économique. Chaque pays conservant sa souveraineté à la différence des vassaux de l’Eurocrature. Une attitude plus favorable aux actions communes, volontaristes, sans forcer la main de personne.

C’est un des paradoxes chinois incompris par les Occidentaux à qui échappe la mentalité pragmatique de Pékin. Dictature dure à l’intérieur, la Chine sait adopter des mesures souples avec ses alliés, ses partenaires et ses obligés, comme dans le cadre des routes de la soie. Les avantages économiques, et leur retrait éventuel, sont plus efficaces pour convaincre que des menaces. Même si leurs canonnières croisent en mer de Chine.

L’OCS présente une image de solidarité et une vitrine de coopération réussie pour la Chine, mais pour le moment, les résultats tangibles sont relativement minces. Sans doute est-ce la raison pour laquelle Xi envisage de donner une nouvelle impulsion.

La première entrave à cette ambition est la subsistance de frictions entre certains membres, dont l’Inde et le Pakistan sont les plus symptomatiques. Ainsi lors de la préparation du sommet, les ministres de la Défense de pays de l’OCS n’ont pas été en mesure d’adopter une déclaration commune intégrant les desiderata de l’Inde qui voulait que soit fait référence à l’attaque du 22 avril au Cachemire, et aux affrontements militaires qui ont suivi.

New Delhi a également refusé de s’associer à la condamnation des attaques israéliennes contre l’Iran, un État membre de l’OCS, au début du mois de juin. Apparemment, l’Inde éternelle n’a pas pardonné les 10 siècles de saccages et de massacres ourdis par les Perses, complices des Arabes et des Turco-Mongols. Il ne faut pas s’étonner que les contenus anti-Hamasfleurissent sur les RS indiens, appuyés discrètement par le gouvernement.

Avec la Chine, les frictions frontalières et les contentieux commerciaux seraient en passe d’être résolus. Les diplomates s’attendent à ce que les deux pays annoncent des mesures communes telles que le retrait coordonné de leurs troupes, l’assouplissement des taxes douanières, l’attribution de visas, et la coopération dans les domaines de la connectivité et de la technologie. Des avancées positives que sont incapables de réaliser, au Pakistan comme en Iran, des énergumènes qui ne savent que gueuler « Allah est au bar », en brandissant leurs coutelas.

Christian Navis

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