Ma terre…

Peter Paul Rubens

Je t’ai aimée bien avant de te connaître, de fouler ton sable de mes pieds effrontés, de plonger mon regard dans ton horizon, et de me rincer le visage avec l’eau pure de tes sources…

J’ai mangé ton fruit que j’ai trouvé inégalable… Ton miel, ton lait… mais j’ai surtout admiré la clarté de ta lumière, de tes levers et le feu de tes couchants.

Chaque pierre, chaque fragment que je découvre me raconte ton histoire, tes aventures, tes victoires et tes défaites, me renvoie le son de l’épée, le crépitement du feu qui a brûlé le temple et a emporté ses richesses et son héritage : deux tablettes de pierre, sur lesquelles Yahvé lui-même, ou selon un autre passage de l’Exode, Moïse inspiré par Yahvé, grave les Dix Commandements. 

Je t’ai inconditionnellement aimée et me suis aventurée à te chercher… Je t’ai trouvée dans les poèmes de David avec sa lyre et ses psaumes… j’ai reconnu ta justice auprès de Salomon, tes prophéties avec Isaïe, tes miracles chez Ézéchiel, tes ruines dans les lamentations de Jérémie. Tes rires auprès de Samson avec la mâchoire d’âne pour chasser les philistins m’amusent à ce jour. Ta gloire et ta richesse n’ont jamais cessé d’étinceler même dans l’obscurité de nos deuils.

Pourtant, cela n’a jamais réussi à ternir notre amour pour toi – terre pétrie de notre sang et des restes de nos pères.

Bientôt nous célébrerons notre sortie d’Égypte, qui maintient à ce jour sa poursuite même dans nos rêves les plus complaisants.

Nous évoquerons les miracles que ton peuple a connus et a oubliés un peu trop souvent…

Mais rien ne fera disparaître cette joie ineffable de faire partie de Toi.

D’être si près du Créateur, qu’il nous semble parfois pouvoir le toucher de nos doigts.

Un morceau de terre, qu’est-ce après tout ?

Un toit, un jardin, un champ de blé, une rivière… Non, c’est plus que cela, puisque nous sommes tous prêts à l’irriguer de notre sang pour conserver ces vieux os d’Abraham et de Sarah dans leur caveau… Ceux de Joseph qui défia Pharaon avec ses connaissances et sa droiture.

Nous sommes ici pour y rester éternellement. Nous le prouvons chaque jour à nous-mêmes et aux autres – ceux qui ne cessent de se lancer à l’aventure pour nous effacer…

Rien ne pourra le faire !!!

Rien puisque cette terre, ce sable, ces os, ces ruines, c’est nous tous réunis… et nous sommes là pour l’éternité.

 Thérèse Zrihen-Dvir

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2 Commentaires

  1. Bonjour Thérèse. Mon âme, ancienne, a pris racine, cette fois ci, sur le sol de France. Tu nous exprimes avec fierté, orgueil même, l’amour que tu portes à la terre que tu foules de tes pieds. Merci à toi. Et sois bénie !