CGT : le halal à la place de la lutte des classes à Air France…

Publié le 8 juillet 2011 - par - 2 commentaires

On croit rêver, une fois de plus, en voyant l’investissement pro islam des deux principaux syndicats de notre pays. Après le calendrier musulman de FO, révélé par Riposte Laïque, c’est la CGT qui, prévenant les demandes d’éventuels employés musulmans aurait œuvré pour que l’un des deux restaurants d’entreprise d’Air France à Roissy soit à 100% halal, celui du terminal T2F, celui du R2R étant réservé aux autres.
Certes, on imagine fort bien qu’en perte de vitesse de recrutement, la Fédération qui fait par ailleurs une priorité de la défense des clandestins entrés illégalement dans notre pays, appelés abusivement « sans-papiers » en soit venue à faire du clientélisme… mais de là à passer au communautarisme pur et dur, comme le signalent le tract et la lettre (1) de la CFDT qui s’insurge à juste titre, il y a là un pas qu’on n’aurait pu imaginer dans notre pires cauchemars.

Nous pensions que l’époque où le responsable syndical CGT, élu au Comité d’entreprise Michel Bousquet, passé de la Ligue communiste de Krivine au Parti des Musulmans de France de Mohamed Latreche, utilisait, le 17 janvier 2004, deux véhicules du comité d’entreprise d’Air France pour appuyer les manifestations musulmanes contre la loi sur le voile à l’école était révolue…

Comment, au lieu de se battre pour l’amélioration des conditions de travail des employés d’Air France, la CGT a-t-elle pu œuvrer à la séparation des employés et au repli communautaire ? Peut-on imaginer ce qui se serait passé si, a contrario, un autre syndicat avait pris l’initiative de proposer un restaurant spécial pour tous les employés non musulmans ? La CGT aurait poussé des cris d’orfraie, aurait hurlé à l’apartheid et à la discrimination et elle aurait eu raison.

Peu importe que la CGT ait subi les pressions de salariés musulmans pour faire cette proposition monstrueuse, ou qu’elle ait devancé ces revendications. Ce qui est grave est, comme l’expliquait le syndicaliste de Force ouvrière Carl Pincemin à la mission parlementaire sur le voile intégral, présidée par André Gerin, que la religion, sous l’impulsion de l’islam, revienne dans l’entreprise, et divise ainsi les travailleurs. N’est-ce pas la CGT qui, dès les années 1980, revendiquait des salles de prières dans l’automobile ? D’autres organisations syndicales ne demandent-elles pas des aménagements d’horaire durant le ramadan ? La revendication de la viande halal, dans ce contexte, ne peut que compléter la confessionnalisation des entreprises.

Tout cela est inacceptable en France. D’abord parce que chacun peut choisir de ne pas manger de viande, ensuite parce que le coran prévoit explicitement qu’en pays non musulman nul n’est obligé de manger halal, enfin parce qu’acheter et consommer halal revient à financer délibérément les mosquées et donc le culte musulman, ce qui n’est pas le but d’un restaurant ni d’un comité d’entreprise.
Et puis, et puis, on est horrifiés devant le mépris des non-musulmans qu’exsude la phrase des représentants de la CGT rapportée par la CFDT : « Servir des repas halal ne gêne pas les non-musulmans qui ne le savent pas, car cela ne change pas le goût et lorsqu’on l’on va au Mac Do on ne se rend compte de rien ».
Bref, pour la CGT, le non-musulman est un crétin endormi à qui il faut cacher qu’il mange halal pour les beaux yeux des musulmans qui devraient être ravis de voir imposées leurs pratiques moyenâgeuses à tous, qu’ils soient pratiquants ou pas !
Quel mépris d’un côté, quelle servilité de l’autre !
Quelle ignorance de ce qu’est le halal, de ce qu’il représente politiquement et des risques, qui plus est, dont il est susceptible d’être porteur !

On rappellera à toutes fins utiles que la CGT d’Air France fait partie des organismes mis en cause par la cour des comptes pour sa gestion calamiteuse du comité d’entreprise d’Air France, que cela a déjà coûté à Air France et aux banques 15 millions d’euros en 2010, qu’il en faut 20 en 2011… Il faut lire avec attention cet article de Fabrice Amedeo  qui énonce froidement des vérités qui font froid dans le dos et peuvent laisser amers des millions de salariés qui se sont syndiqués en espérant trouver des défenseurs et des partenaires. Deux passages en particulier en montrent le côté inacceptable :
« Ce naufrage financier se fait sur fond de guerre syndicale. La CGT a amorcé le déclin lorsqu’elle dirigeait le CCE entre 2005 et 2007. La CFDT puis FO n’ont ensuite pas réussi à redresser la situation. Toutes ces organisations se renvoient aujourd’hui la balle pendant que les déficits se creusent et qu’Air France, qui a longtemps fait preuve de largesse, refuse désormais de renflouer les comptes de son CCE. Dans un tract diffusé fin novembre, la CGT résume la situation du CCE qui lui vaut une enquête de la brigade financière: «surfacturation des prestations auprès d’intermédiaires amis, opérations d’investissements plus que louches, gestion népotique…» »
« Des voix commencent à demander un meilleur contrôle des comités d’entreprise. «C’est la fin d’une époque, explique Agnès Verdier-Molinié. La plupart de ces comités d’entreprise ont financé les syndicats et ont été pour les grands groupes un moyen d’acheter la paix sociale.» Une pratique que reconnaît la CGT d’Air France dans une récente publication: «Air France y a trouvé son compte : en contrepartie de ses largesses financières, le CCE a accompagné l’ensemble des projets de la direction, sacrifiant pour des intérêts mercantiles la défense des salariés de la compagnie.» »

Et malgré cela le CCE est en déficit.

Et malgré cela la CGT, qui a exclu Fabien Engelman pour son adhésion à un FN prônant, ô scandale, la préférence nationale, et a dissous dans la foulée sa section syndicale, prône sans vergogne la préférence halal…

Bien sûr, je connais nombre de syndicalistes CGT fort respectables, qui mènent des combats parfois exemplaires pour défendre au mieux les salariés. Mais je ne les ai pas entendus protester contre l’exclusion de Fabien Engelmann. J’aimerais être certaine qu’ils protesteront, cette fois, contre cette nouvelle entorse grave d’un syndicat CGT aux principes laïques.

Post-scriptum
Il est évident que les laïques que nous sommes ne peuvent accepter de telles pratiques et je vous invite à le faire savoir à un maximum de gens :
A la direction de la CGT , bien entendu, 263, rue de Paris, 93 516, Montreuil cedex Tél : 01 48 18 80 00 Fax : 01 49 88 18 57
A la CGT de Roissy évidemment « Bureau National Cgt Air France, 5 r Haye 95703 ROISSY EN FRANCE
Mail : [email protected]

A la direction du CCE d’Air France, bien sûr, M. Emeyriat, Président du CE exploitation Sol, Air France, Aéroport CDG 95700 ROISSY EN FRANCE 01 49 19 51 45

Et, n’oubliez pas l’Elysée, Matignon, députés, sénateurs et plus si affinités !

(1) Télécharger la lettre de la CFTC,

Télécharger la suite du tract de la CFTC

Télécharger le tract  de la CFDT




 

 

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2 réponses à “CGT : le halal à la place de la lutte des classes à Air France…

  1. Avatar Daniel Leclerc dit :

    syndicaliste retraité AIR FRANCE
    Mes interventions dans l’organisation
    1ère intervention
    La viande HALAL est une viande religieuse, je ne vois pas à quel titre elle est servie dans des restaurants d’entreprise. De plus, lorsque l’on achète de la viande HALAL une partie financière va au denier du culte, de quel droit obligerait on les salariés d’une autre religion ou sans religion à cotiser à un denier du culte quelconque lorsque ils iraient à la cantine, lieu de rencontre de tous.

    La République est une, indivisible, laïque, démocratique et sociale.

    Lorsque les salariés rentrent dans la propriété privée qui est l’entreprise ce sont les lois de la République qui rentrent dans l’entreprise. Parmi les salariés, il y a ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croit pas. Les règles de la laïcité permettent que tout le monde vive ensemble si on respecte ces règles.

    Dans les incroyants on distingue plusieurs catégories: ceux qui ne croient pas tout simplement, les athées qui contestent l’existence d’un dieu et les matérialistes qui combattent le fétichisme religieux.

    Le doigt dans l’engrenage du repas religieux dans les restaurants d’entreprise est une « machine » à diviser les salariés.

    Le Coran n’apporte pas obligation de manger de la viande halal hors la terre d’islam, je ne pense pas que l’hexagone soit une terre d’islam.

    Les valeurs de la République ne s’adaptent pas au fétichisme religieux. La République garantit la liberté de culte mais la pratique d’un culte découle du domaine privé, le culte se pratique dans les lieux de culte ou dans des lieux privés,

    Ce n’est pas parce que l’on défend sans concession les valeurs et les libertés démocratiques que l’on est un fasciste.

    2ème intervention

    Pour des raisons électoralistes ou tout autre intérêt… ils sont prêts à remettre en cause les valeurs de la République. La République est une et indivisible, ses valeurs ne se négocient pas.

    Aujourd’hui ils exigent des repas religieux, demain des tapis dans le restaurants pour la prière, puis des restaurants réservés aux hommes et d’autres aux femmes et pour en finir le restaurant sera décrété par eux terre d’islam et les incroyants en seront chassés.

    Le Syndicat n’est pas clair, le barbecue traditionnel de l’UL CDG est halal. Cet événement est un moment de rencontre, de luttes et normalement de fraternité. Comment peut-on imposer un repas religieux à tous les militants de ROISSY au non du soit disant respect de la différence, la différence n’est certainement pas le fait religieux. Cet événement est un moment de rencontre ou un événement religieux.

    Cela veut dire que l’argent des syndiqués, par l’intermédiaire de l’achat de viande religieuse, profite à un denier de culte.

    Je suis exclu de cet événement par le fait qu’il n’est pas prévu de viande non halal puisqu’elles ne peuvent pas se côtoyer.

    Jean Louis a raison : ils n’ont qu’à bouffer à la gamelle, la religion ne doit pas franchir les portes de l’entreprise. Et je suis d’accord avec lui pour dire qu’il est plus facile de demander au tolier des salles de prière plutôt qu’un local pour une réunion politique, pourtant le débat politique découle du domaine public et des libertés publiques fondamentales. Tu me diras, il n’y a plus de parti d’avangarde de la classe ouvrière et les intérêts des toliers ne sont pas en péril.

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